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vendredi, août 2

Quelle morale sexuelle pour les chrétiens gays ?

La notion de morale n'a plus bonne presse de nos jours, même chez les chrétiens. Elle évoque souvent un code  de bonne conduite qu'iĺ conviendrait de suivre pour plaire à Dieu et mériter son salut.. Cette conception n'est pas chrétienne. En effet, il est impossible de s'attirer les faveurs de Dieu. C'est Lui qui fait le premier pas vers nous en nous offrant son Salut gratuitement par pure grâce. Nous n'avons qu'à recevoir ce cadeau en accueillant dans notre cœur Celui qui a pris sur Lui nos péchés sur la Croix et qui est ressuscité pour nous offrir la vie éternelle. Est-ce à dire que tout nous est permis ? D'une certaine façon oui. Mais tout ne nous est pas profitable si nous voulons laisser Dieu vivre et se déployer en nous. Ne sommes-nous pas appelés à être la lumière et le sel de la terre, et à répandre autour de nous l'amour que Dieu nous a donné ? Et c'est là que la morale intervient. Elle nous aide à choisir la vie plutôt que la mort, à ne pas rater notre cible, et à mieux aimer Dieu et notre prochain. Intuitivement, nous sentons bien que certaines de nos pensées et actions (ou omissions) apportent plus ou moins d'amour et de vie  Notre conscience, éclairée par l'Esprit Saint, mais aussi la lecture de la Bible ou encore l'Enseignement de l'Eglise peuvent nous éclairer pour faire les bons choix, mais il est parfois difficile de discerner le bon du mauvais, particulièrement quand on est gay. Personnellement, j'ai beaucoup appris de la lecture d'un livre du Révérend Marie M. Fortune, "Love does no harm - Sexual ethics for the rest of us", auquel j'avais consacré une réunion du groupe Lambda il y a quelques années. Une des principes proposés par cet auteur pour avoir une sexualité éthique est qu'il faut s'abstenir de faire du mal aux autres et être ouvert à leurs besoins. C'est très juste mais pas suffisant selon moi pour un chrétien.

J'en discutais récemment avec un ami gay de ma paroisse: comment vivre de façon chrétienne sa sexualité quand on est homosexuel et qu'on souhaite vivre en disciple de Jésus sans pour autant vivre dans la continence toute sa vie ? Tout est-il possible, y compris la promiscuité, ou faut-il s'imposer des limites, et lesquelles ? Que penser des couples qui se disent ouverts ? Quels critères doivent nous guider ? Le principe du "tout est permis" de la communauté LGBT n'est pas satisfaisait mais il faut reconnaitre que l'Eglise apporte peu de réponses à ces questions. La morale sexuelle qu'elle propose est surtout adaptée aux hétérosexuels et ne tient pas compte des spécificités de l'homosexualité. Par exemple, comment appliquer la règle "pas de sexe en dehors du mariage" quand on ne peut pas se marier ? A cet égard, je pense que l'ouverture du mariage civil aux gays et lesbiennes, et l'homoparentalité, auront des conséquences sur les comportements sexuels. Le fait de s'engager publiquement à la fidélité vis-à-vis de son partenaire et/ou d'élever des enfants me semblent être des facteurs favorisant la stabilité des couples, tout comme la bénédiction de couples de même sexe.

 J'ai été très étonné à cet égard de lire que certains couples chrétiens de même sexe vont jusqu'à chosir de s'abstenir de relations sexuelles avant le mariage. Je suis admiratif même si je ne suis pas sûr que j'en serais capable...Dans cet article, on peut ainsi lire le témoignage de Constantino Diaz-Duran qui raconte comment la légalisation des couples de même sexe lui a fait découvrir (un peu sur le tard) les mérites d'une valeur réputée anachronique: l'abstinence avant la nuit de noces:
"On se débrouille toujours en tant que célibataire-en-couple", écrit-ion vit selon des promesses non astreignantes. Le fait de s’engager et de rendre des comptes n’est pas le même que quand vous êtres liés légalement et quand votre alliance est respectée, sacrée et prise au sérieux par vos pairs et par la société.». Il ajoute à propos de son partenaire rencontré sur un site chrétien et avec qui il veut se marier: "Nous avons été attirés l’un vers l’autre par nos photos , mais c’est notre foi et nos intérêts communs qui nous rapprochent. Nous avons prié ensemble et nous croyons que Dieu veut que nous nous comportions comme un couple chrétien. En tant que chrétien, je crois qu’il y a une voie spécifique pour établir une fondation solide en vue d’une alliance perpétuelle. Je crois que la promiscuité et le sexe avant le mariage dévaluent l’amour et diluent la sainteté de ce que j’appelle le mariage. C’est une idée que je rejetais au moment où j’ai fait mon coming out. Le monde d’aujourd’hui n’a rien de commun avec tout ce que j’imaginais quand j’ai fait mon coming-out. Un jour, je pourrai me marier à l’église, et les vœux que je prononcerai seront pris autant au sérieux que ceux de n’importe quel autre homme. Cela place la barre très haut. Cela 
me donne de l’espoir. Cela m’a ramené dans le droit chemin et m’a permis d’être en paix avec le Seigneur et avec ma sexualité. C’est ce que l’égalité dans le mariage veut dire, en fin de compte: la reconnaissance non seulement que les personnes gay ont les mêmes rêves et les mêmes aspirations que les hétéros, mais aussi que nous devons nous soumettre aux mêmes normes et obligations. Voilà pourquoi l’option de se marier peut et doit changer la manière dont les gays se rencontrent.»

vendredi, janvier 25

Banalisation de l'avortement ?

Le Planning Familial lance une campagne d'information sur le territoire francilien, dans les gares et le métro, du 18 au 27 janvier. Peut-être avez-vous cette affiche portant le slogan "Sexualité, contraception, avortement, un droit, mon choix, notre liberté". Je suis frappé qu'on mette l'avortement sur le même plan que la sexualité et la contraception, au milieu des photos de personnes souriant. Pour moi, l'avortement est un acte grave qui ne devrait pas être banalisé ainsi. Qu'en pensez-vous ?

mardi, novembre 6

Guérir de l'homosexualité ?

Le prochain WE sera chargé au niveau spirituel !

Samedi 10/11 aura lieu à Lille la 1ère rencontre francophone des blogueurs gays chrétiens. Elle est organisée par Jean Vilbas et votre serviteur. Nous partagerons nos expériences de cette blogosphère qui croit de jour en jour. Il reste encore des places si vous souhaitez vous joindre à nous ! Plus d'infos en envoyant un mail à miettesdelatable@hotmail.fr

Autre activié à retenir: la
réunion du groupe Lambda ce dimanche 11 novembre de 16h (précises) à 18h (accueil à partir de 15h45) dans la bibliothèque au 1er étage de la Cathédrale Américaine (23 avenue George V à Paris) . Nous accueillerons le frère catholique Laurent Lemoine qui traitera (en français) du thème "Guérir de l'homosexualité ?" .
Guérir de l'homosexualité est le type même d'une fausse bonne idée théologico-pastorale, car elle recèle des confusions que cet exposé va tenter de mettre en lumière. Pourtant, certains milieux chrétiens persistent parfois, avec une bonne volonté quelque peu naïve, à proposer cette « guérison » en citant l'Ecriture selon un cheminement spirituel qui risque d'enfermer davantage le sujet. Seule l'assomption de sa vérité historique et psychique d'homme ou de femme chrétien le libère, au sens où l'Evangéliste Jean met ses mots dans la bouche de Jésus ».
Laurent Lemoine est dominicain au couvent de Tours. Enseignant à l'Université Catholique d'Angers, il travaille au service Revues des Editions du Cerf en éthique et spiritualité.
J'espère que vous serez nombreux et nombreuses à pouvoir nous rejoindre à cette réunion qui s'annonce passionnante. Elle sera suivie à 18h par un service eucharistique auquel vous êtes cordialement invité(e)s !

mardi, janvier 23

Le célibat, seule alternative pour les gays ?

Les chrétiens homosexuels sont-ils condamnés à rester célibataires ? Ou sont-ils appelés à vivre en couple au même titre que les chrétiens hétérosexuels ?
Pour l'Eglise catholique romaine, la cause semble entendue: une "personne homosexuelle" qui veut être fidèle à Dieu doit s'abstenir de relations sexuelles, considérées comme portant gravement atteinte à la chasteté. La continence serait donc le seul horizon acceptable pour elle, puisque l'expression génitale de la sexualité n'est "autorisée" que dans le cadre du mariage, et que les homosexuels ne peuvent pas se marier. CQFD ! Quelques rares voix divergent cependant. Ainsi l'abbé Pierre, que nous venons de perdre, réclamait récemment la reconnaissance d'une forme d'union pour les homosexuels: distincte du mariage mais constituant malgré tout une forme d'alliance. L'Eglise Vieille Cathollique a justement choisi cette voie. Lors d'un synode cet été, elle a approuvé la création de liturgies de bénédiction d'unions homosexuelles.

L'ECR n'est pas la seule à se montrer aussi rigide. Les Eglises évangéliques sont montrent tout aussi intransigeantes et, à ma connaissance, les Eglises orthodoxes également. Les protestants se montrent plus nuancés. De même que les anglicans. Pour eux, le mariage n'est pas un sacrement au même titre que le baptême et l''eucharistie. Et il est généralement toléré que la sexualité peut se vivre en dehors du mariage, et que le mariage puisse se terminer par un divorce. En tout cas pour les hétéros !
Chez les anglicans, les positions varient d'un extrême à l'autre. Certains se réfèrent à ce qu'ils considèrent comme l'enseignement traditionnel de l'Eglise, qui serait intangible. D'autres, plus nombreux à mon avis, revendiquent carrément le mariage pour les couples homosexuels, y compris à l'église. Sans aller jusque là, plusieurs diocèses épiscopaliens américains ont une liturgie de bénédiction des unions de même sexe.

Pour ma part, je trouve tout naturel de pouvoir former un couple avec mon compagnon. Il me semble que c'est la voie la plus épanouissante pour moi, celle qui me permet d'aimer d'un amour humain mais aussi de laisser Dieu se manifester dans ce couple. Et je ne trouve rien dans la Bible qui m'interdise d'aimer de cette façon ! Je ne comprends pas qu'on puisse vouloir désirer que les gays s'abstiennent de relations sexuelle. Si nous avons été crées avec un sexe, c'est pour s'en servir, non ? (Excusez la crudité de mon langage). Je ne nie pas que quelques uns sont appelés au célibat, mais c'est une minorité. St Paul, qui aurait aimé que tous puissent être célibataires comme lui, admettait lui-même qu'il fallait mieux se marier que de brûler de désir. Pour moi, réprimer ses désirs sexuels au point de ne pas vouloir les exprimer génitalement est une forme de mutilation psychique. Avec toutes les conséquences négatives que cela peut avoir sur la personnalité.
Je connais pour ma part de nombreux couples homosexuels qui sont épanouis et qui manifestent les fruits de l'Esprit. Comment ne pas y reconnaître l'Esprit Saint à l'oeuvre ? Bien sûr, tout n'est pas rose (!), et de nombreux couples se délient et ne vivent pas d'un amour inspiré par Dieu. Mais c'est vrai aussi bien chez les gays et lesbiennes que chez les hétéros !

Je pense que l'Eglise institutionnelle ferait bien de regarder autour d'elle , d'écouter ce que ces couples ont à dire, plutôt que de se réfugier dans un discours moralisateur théorique déconnecté de toute réalité. Je ne dis pas que la morale n'est pas importante, loin de là, mais j'en appelle à une morale adaptée aux circonstances concrètes et particulières aux uns et aux autres. Pourquoi vouloir imposer un même modèle à tous ? La diversité n'est-elle pas aussi une richesse ?

Il y aurait bien des choses à dire sur ces thèmes du célibat versus couple. Et justement, ces prochains jours, deux opportunités s'offrent à nous pour aller plus loin. Je vous recommande particulièrement la réunion du groupe Lambda ce dimanche 28 janvier 16h-18h. Eric Louis, auteur de livre "Au matin de ma vie" viendra témoigner sur le thème "le couple gay: réalités, paradoxes ?". Autre opportunité: le WE organisé par DUEC sur "La chasteté, aujourd'hui ! Folie, utopie, possible, épanouissante...?" avec le Père Christophe Vairon.