mercredi, juin 6

Le sacrement du coming out !

La révélation de mon homosexualité à mes proches, et surtout à ma famille, a été pour moi comme une initiation. Il y a eut un avant et un après. Je me suis senti libéré d'être moi-même. Fini les mensonges et la peur. Je pouvais enfin me montrer tel que j'étais. Une nouvelle vie commençait pour moi. Le coming out a été pour moi la manifestation visible d'une grâce invisible. Un sacrement en quelque sorte. Peut-être qu'un jour l'Eglise le reconnaîtra-t-il au même titre que le baptême ou l'eucharistie.

Pourtant, ma sortie du placard ne s'est pas fait en un jour. Il a fallu des années pour que je puisse en arriver là. Un long processus où Dieu m'a guidé. Ce coming out n'est d'ailleurs pas complètement achevé. Il ne s'arrêterait sans doute qu'à ma mort. Je continue à avoir peur de me dévoilé vis-à-vis de certaines personnes ou dans certains contextes. Au boulot par exemple je me sens incapable de dire que je suis gay. Même avec mes voisins c'est difficile. Ces situations me rappellent combien je suis encore attaché au regard des autres sur moi, à leur approbation. C'est humain me direz-vous. Mais la spiritualité ne consiste-t-elle pas à trouver sa stabilité en soi-même, en ce lieu du coeur où Dieu habite. En cherchant ma sécurité à l'extérieur de moi-même, je me rends compte que je ne suis encore qu'au début de ce chemin de libération que me propose le Seigneur. J'ai encore bien des choses à apprendre !

Dimanche prochain, nous aborderons ce thème du coming out lors de la dernière réunion du groupe Lambda qui aura lieu à 16h à la Cathédrale Américaine. Nous commencerons par regarder un épisode la série Six Feet Under où l'un des personnages, David, fait son coming out. Puis, nous débattrons de ce thème en échangeant nos expériences respectives. Une bonne préparation à la liturgie inclusive que nous organiserons à la Cathédrale Américaine le 30 juin (11h), jour de la Marche des Fiertés. J'espère que vous viendrez nombreux !

4 commentaires:

ben a dit…

Cher Jean-Marc,
Il y a réellemnt une grâce dans ces moments de vérité et de dévoilement de l'intime !
Moi qui ne suis que depuis peu "connu" tel que je suis de mes frère et soeur, je sens, tout comme toi, qu'une vie renouvelée s'ouvre à nos affections.

Toutefois, là où je ne te suis pas, c'est dans cette espèce de culpabilité, en tout cas je lis ton témoignage comme tel, que tu sembles éprouver de ne pas dire à tout le monde ton orientation.

Dans ls milieux professionnels et de voisinage, ne faut-il pas attendre la question de savoir où et comment tu vis ? J'ai constaté avec un collègue que la question : "Tu vis seul ?" est venue dans une conversation. Je n'ai pas triché avec la vérité. Je lui ai dit : "Non..." Il en est resté là. J'aurais pu en dire bien davantage, mais je ne voulais pas le brusquer. Et comme il n'est pas allé plus loin dans ses questions...

De même, demande-t-on à tous les hétéros de se "déclarer" dans tous les lieux et milieux où ils passent ? La réponse tombe sous le sens...
Pourquoi devrait-il en être autrement pour nous ?

Déjà dans la joie de te (vous) voir à la fin du mois, je t'embrasse en amitié.

Eric a dit…

Ca, par exemple--dire qu'il y aurait un gai anglican a Paris! J'ai trouve votre blog tout en parcourant la seine a la recherche des sujets "gai" et "anglican"--moi qui les suis, tous les deux.
Comme nous disons ici aux EEUU, "Well, shut my mouth!"

J'ai beaucoup profite en lisant vos pensees et celles de vos amis, admirateurs, etc. C'est bien dificile parfois pour les chretiens gai,n'est-ce pas, puisque nos freres et soeurs dans la foi se mefient de nous a cause de notre sexualite, tandis que nos freres et soeurs gais et lesbiennes se demandent si nous sommes fous ou quoi de nous engager avec des eglises qui nous meprisent. C'est comme ca. Au meme temps, Je me rends compte qu'il y a des fardeaux d'autant plus lourds a porter dans ce monde.

Jean-Marc, c'etait vraiment un plaisir de trouver votre "site" et je vous remercie pour tout que j'y ai trouve. Que le bon Dieu vous benisse, vous et votre cheri, et que le monde (en particulier le coin chretien qui nous meprise) sache que, si, il existe vraiment des gais qui ont pour Dieu un coeur d'amour meme plus ardent que nous l'avons pour nos propres cheris.

Veulliez pardonner toutes les fautes de grammaire, etc. que je ne doute d'avoir commis--je ne suis pas prof. de francais, tout simplement francophile. Et ce clavier-ci n'admet pas de marques d'accent. Tant mieux, parceque je les gache comme une vache espagnole!

Eric

Jean-Marc a dit…

To Ben,
Mes collègues me parlent de leurs enfants, de leurs maris et femmes, et de leur vie affective quand ils me racontent leurs WE. Et moi, je me raconte en éviter de dire "mon compagnon" par peur d'être jugé. Pourquoi ?

To Eric,
Merci pour ton message. Ca faut chaud au coeur de se sentir porté par cette communauté de saints gays chrétiens partout dans le monde !

If you are patient, love always wins. a dit…

Good Morning Friend, i am going to read this article with interest. When I made my final peace with God I wrote this poem, I give it to you with pleasure.

10:00 AM – March – 10 Kilometers South of San Felipe – Baja California - Mexico

I stand at the edge of the sea.
There - the hurt from some far storm, or
Maybe some heart just next to me seizes me in its grip.
And I find myself naked, stripped - with no defense – yet -

This pain – this crush – I welcome it –
My chance to challenge death has come.

Above my tears I hear a friend - sharing the love of silence.
.
I know – I must – I can’t – I will myself –
To release – let go – surrender – to bend the knee……I-let-me-die.

In the moment – in this one act of seeming madness………

The embrace – the shout – the victory –
All that I want – all that I need – is given me.
This one – my God - this storm – this friend – this faith in my Father’s love………..
has given me life.

I am a child again.

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