vendredi, novembre 25

Analyse de l'instruction du Vatican sur les homosexuels candidats à la prêtrise


Bien qu'elle ne soit pas encore publiée officiellement par la Vatican, l'instruction sur "les critères de discernement vocationnel au sujet des personnes présentant des tendances homosexuelles en vue de l'admission au séminaire et aux ordres consacrés" est déjà téléchargeable en ligne sur le site de la Croix.

Que retenir de ce texte ? Tout d'abord que sont distingués plusieurs catégories de candidats à la prêtrise:
- ceux dont "les tendances homosexuelles sont profondément enracinées", et qui sont abstinents
- ceux qui dont "les tendances homosexuelles sont profondément enracinées", et qui "pratiquent l'homosexualité"
- ceux qui "soutiennent ce qu'on appelle la culture gay" (je crois que c'est la première fois que le mot gay apparait dans un document du Vatican!), qu'ils soient ou non homosexuels
- ceux dont "les tendances homosexuelles seraient seulement l'expression d'un problème transitoire"

Seule la dernière catégorie est autorisée à se porter candidat à la prêtrise, mais à condition que ces tendances soient "clairement dépassées au moins troix ans avant l'Ordination diaconale" (La Vatican pense donc que les tendances homosexuelles sont réversibles).Toutes les autres catégories sont exclues, y compris ceux qui vivent dans l'abstinence. En effet, le Vatican estime que la "tendance homosexuelle pronfondément enracinée" est "objectivement désordonnée" car "elle constitue une tendance, plus ou moins forte, vers un comportement intrinsèquement mauvais du point de vue moral".

Pourquoi l'Eglise catholique pratique-t-elle cette discrimination (quelle considère juste) en refusant désormais d'ordonner les gays avérés, même s'ils sont abstinents ? Parce que les homosexuels, qu'ils aient ou non des relations sexuelles, sont considérés comme immatures d'un point de vue affectif et sont de ce fait jugés inaptes à l'exercice de la paternité spirituelle requise par la fonction de prêtre. Le Vatican considère en effet que "ces personnes se trouvent dans une situation qui fait gravement obstacle à une juste relation avec des hommes et des femmes".

En conséquence, l'accès au séminaire et aux ordres consacrés est interdit aux gays ainsi mais aussi à ceux, gays ou hétéros, qui soutiennent la culture gay, et que le directeur spirituel d'un séminariste homosexuel a le devoir de le dissuader d'avancer vers l'Ordination". Quant au comportement d'un candidat qui en viendrait à cacher son homosexualité pour accéder, malgré tout, à l'Ordination, il serait jugé "inauthentique et ne correspondant pas à l'esprit de vérité, de loyauté et de disponibilité" qu'on attend de lui.

Ce qu'on retiendra en substance de ce texte, c'est que les homosexuels avérés, même abstinents, sont jugés immatures , et par conséquents, inaptes à "représenter sacramentalement le Christ, Tête, Pasteur et Epoux de l'Eglise" , autrement dit à être "configurés au Christ". En effet, L'immaturité affective empêcherait l'homosexuel d'avoir "une vie animée par le don de toute sa personne à l'Eglise et par une authentique charité pastorale". Ce ne sont donc plus les seuls actes homosexuels qui posent problème à l'Eglise, mais la personnalité même de l'homosexuel.

Bien sûr, l'Eglise catholique romaine ne va pas jusqu'à dire que la tendance homosexuelle est innée, ce qui serait admettre que Dieu crée quelqu'un avec une propension au mal. C'est pourquoi elle parle de tendance "profondément enracinée", ce qui signifie qu'elle s'est enracinée après la naissance. C'est également la raison pour laquelle elle ne parle jamais d'homosexuel (ni de gay bien sûr !), mais toujours de personne homosexuelle.
Si la science démontre un jour que l'orientation sexuelle est innée, l'Eglise catholique romaine se trouvera en bien mauvais posture car toute son argumentation s'écroulera comme un château de sable. En attendant, c'est beaucoup de souffrance qui attend les catholiques homosexuels qui font le choix de rester fidèles à leur Eglise !

Jean-Marc

18 commentaires:

Anonyme a dit…

SOS!!! cette fois on n'a plus qu'à se flinguer ou à vivre dans les catombes. Le sphinx et catholique et homosexuel. A quand l'interdiction aux autres sacrements???

Anonyme a dit…

ceux dont "les tendances homosexuelles seraient seulement l'expression d'un problème transitoire"

Cette formulation n'est pas si contestable mais représente t'elle la totalité des gays ou seulement un faible pourcentage ?

C'est connu "cliniquement" ensuite il faut distinguer entre orientation et comportement.

C'est complètement différent.

Une orientation innée renvoie à une hypothèse génétique.

En ce qui nous concerne il faudrait savoir si "en soi" l'orientation homosexuelle fait sortir de la normalité clinique.

C'est à dire
Avoir un comportement qui ne soit ni dangereux pour soi même, ni dangereux pour les autres.

Etre capable d'exercer une éthique de responsabilité pour soi même.

Etre capable d'évoluer psychiquement et de maturer, d'acquérir plue de sagesse.

La position psychologique

La position de la psychologie clinique est que "ce n'est pas une maladie".

L'homosexualité n'est pas dans la liste des pathologies décrites dans la DSM4 (Diagnostic Manuel) et la CIM version 10 (Classification Internationale des Maladies) qui fait autorité auprès de l'OMS.

Les troubles propres (en propre) des homosexuels existent, des souffrances psychiques liée à l'ostracisme.

La maturité humaine se relie à une expérience de vie, au fait de se relier aux autres dans des liens significatifs.

Afin de construire des relations satisfaisantes.

Et cela comprend aussi l'évolution spirituelle, assumer la responsabilité et les choix.

Sur le plan spirituel - Et théologique

-l'Evangile est ouvert à tous

-l'Evangile demande de pratiquer l'éthique du Royaume, et de progresser dedans.

- Dieu attendra la fin des temps pour juger le monde nous pouvons donc faire preuve d'un peu de patience.

- La voie chrétienne est une voie difficile, il y a des souffrances et des difficultés. (les pires sont certainement celles qui sont causées par "les frères en la foi").


C'est au travers de nombreuses tribulations qu'il nous faut entrer dans le Royaume des Cieux Actes 14:22

Les Apotres ont encouragé à rester ferme dans la foi afin que par un bon comportement nous fassions taire les ignorants et les insensés. 1 Pierre 2:15

Jean-Marc a dit…

Concernant les tendances transitoires, le Vatican fait peut-être référence aux personnes qui se cherchent pendant l'adolescence.
Je veux bien croire que certaines d'entre elles font des expériences homosexuelles puis se stabilisent dans l'homosexualité.

Pour ce qui est de l'orientation sexuelle, il faut remarquer que le Vatican lui préfère le terme de tendance, et fait de celle-ci un trait acquis de la personnalité.

catholorenzo a dit…

Salut, Jean-Marc. Je crois que nous voyons tous la même chose: la position vaticane montre bien leur ignorance totale de la réalité de l'homosexualité. Il s'agit clairement de l'influence néfaste de gens comme Anatrella, des pseudo scientifiques dont l'homophobie nous fait un tort immense. Il n'y a qu'une seule porte pour s'en sortir: que les hétéro homophiles se lèvent pour mettre fin à cette hystérie. Que nos parents, nos amis, nos enfants, nos paroissiens, nos prêtres qui sont hétéro se lèvent pour que même le Vatican ne puisse se boucher les oreilles... Sinon...

Jean-Marc a dit…

Oui, que l'armée des "saints" hétéros se lève !

jean a dit…

Intéressante bien que profondément réactionnaire cette atteinte non plus aux seuls actes homosexuels mais aussi à une orientation reconnue comme constitutive de la personalité ! C'est tout une pastorale hypocrite, fondée sur la séparation de la personne et de ses actes, qui s'écroule par un geste qui révèle - s'il était encore besoin de le faire - son homophobie et son ignorance. A nous, chrétiens inclusifs d'oser dire, dans un dialogue respectueux et critique, que cette position exclusive de l'institution n'est pas conforme à la Bonne Nouvelle et d'annoncer que la fidélité première va au Christ et non aux institutions qui prétendent le présenter et de reserrer nos liens au-delà de nos traditions confessionneles.

Anonyme a dit…

Une ignorance des faits scientifiques..

Qui rappelle le débat sur la rotondité de la terre et sa position centrale dans l'univers ??, Galilée, Kepler?

Parce qu'en fait la science, qui est vérifiable, expérimentale a déjà tranché.
Les publications scientifiques sur le sujet de l'homosexualité le montrent.

La DSM4 et la CIM10 ne considèrent pas l'homosexualité comme une maladie à traiter d'une part.
(Il existe d'autres maladies répercutées dans la DSM4 et là CIM10 et qui ont trait au comportement sexuel)

Même si aujourd'hui aucune hypothèse n'arrive à rendre compte correctement des origines ou de l'évolution du comportement, il apparaît clairement que la maturité émotionnelle, son évolution n'est pas touchée par l'orientation sexuelle de la personne.

Tout n'est pas expliqué, la position scientifique est une position empirique qui n'a pas l'attribut d'omniscience.

La falsifiabilité est la caractéristique de la mathode scientifique. La capacité d'une hypothèse à être efficace et dépassée en dehors d'un certain domaine de validité.

Peut être Sigmund a t'il principalement répercuté les problèmes psychiques de la bourgeoisie viennoise puritaine du 19ème siècle et Carl Gustav les problèmes des Suisses et des Allemands...

En Astrophysique on reconnait que les "lois de Newton" sont fausses mais les horloges astronomiques créées il y a 500 ans sont encore à l'heure et en utilisant ces lois on peut poser un module sur la Lune ou Mars.

La science est imparfaite et je n'aime pas quand des résultats partiels sont récupérés par des idéologies religieuses.

La religion s'écroulera t'elle quand des hypothèses imparfaites se révèleront fausses.

L'église a failli s'écrouler quand on a trouvé que la Terre tournait autour du Soleil
(Josué n'a t'il pas arrêté le soleil au dessus de la vallée d'avallon !!)
Ou quand on a trouvé que la terre était ronde. (Comment Satan aurait il pu emmemer Jésus au sommet d'une haute montagne pour voir tous les royaumes de la terre si la terre n'est pas plate ?)

Furyo a dit…

Ton analyse est sans pitié...ce texte n'en mérite d'ailleurs pas.

Je suis deux fois plus emmerdé en le lisant, vu que je suis bisexuel...

Dois-je déduire que du fait de mon homosexualité profondémment enracinée, que mon hétérosexualité (elle aussi très enracinée, crois moi)je suis à moitié immature affectivement ?

Je pense que ma femme mettrait sa main dans la gueule au premier qui oserait dire ca de moi devant elle...

Je déteste que l'Eglise à laquelle j'appartiens se comporte ainsi...elle ne réalise pas la douleur qu'elle provoque.

Dieu me pardonne, mais je maudis Anatrella et consors pour ce qu'ils ont fait. Faux psychiatre / Faux pasteur !

Malgré tout, je ne la quitterai pas, ca serait abandonner la place aux corbeaux alors qu'elle mérite mieux que ça.

Jean-Marc a dit…

To Anonymus

Ton commentaire est très pertinent, notamment "il apparaît clairement que la maturité émotionnelle, son évolution n'est pas touchée par l'orientation sexuelle de la personne.". Le Vatican n'en a visiblement cure, et préfère s'en référer à certains psychanalystes plutôt qu'à la science.

Jean-Yves a dit…

Très intéressante cette analyse. Toutes mes félicitations pour ces clarifications.

Philip a dit…

Bonjour à tous,

A la lecture de ce topo je ne regrette vraiment pas d'avoir quitté l'église catholique pour l'église réformée de France. Je n'appelle pas cela de la réflexion de la part de la hiérarchie catholique. On réglemente. On verrouille. Les "pasteurs" (au sens évangélique du terme) homosexuels d'obédience catholique sont tout bonnement considérés comme les branches malades de la "très Sainte Eglise Catholique" - idôlatres ! - qu'il faut couper et jeter au feu de l'exclusion. La différence dérange. On ne s'en accomode pas, on s'en purge ! Vraiment j'ai de la compassion pour tous ces prêtres homosexuels et plus largement pour ces hommes et ces femmes, né(e)s homosexuel(lle)s, qui ont le sentiment d'être des parias au sein d'une église qui semble renouer de plus belle avec l'autoritarisme. J'ai eu un petit ami séminariste avec lequel j'ai partagé une courte mais belle aventure : Franck. Je n'ai pas la moindre idée de ce qu'il est devenu. Mais aujourd'hui, si je ne l'ai pas déjà fait,je veux lui rendre hommage et lui dire toute ma reconnaissance car sans le savoir il a été été un instrument de la divine Providence. C'est par lui que j'ai bénéficié du premier rappel. J'y ai été sourd mais cela m'a certainement "préparé" pour une deuxième rencontre et un autre "signe" du Divin. Deuxième rappel, comme dans l'Evangile selon Jean. Comme Marie de Magdala au deuxième appel de mon nom, je me suis retourné et une petite voix en moi s'est écriée : "mon petit Maître !"
Philip

Jean-Marc a dit…

Je ne suis pas sûr que la situation soit beaucoup plus rose (!) pour les pasteurs de l'ERF. L'Avis du Conseil permanent luthéro-réformé (CPLR)en date du 12/02/2004 ne déclarait-il pas que "l'homosexualité d'un ministre est un obstacle à son appel par une église locale" ?

Anonyme a dit…

Vos discussions pseudo scientifiques sur les homos font pitie ! Ca me rappelle la controverse de valladolid : Les noirs ont il une ame ?
Noirs, blancs, femmes, hommes, gays, hetero sont des etres humains. C'est suffisant pour ne pas leur interdire d'etre pretre.
Cette eglise est devenue R I D I C U L E !

Jean-Marc a dit…

C'est vrai que CETTE Eglise peut faire pitié, ou mettre en colère. Mais n'oublions pas que d'autres Eglise accueillent les gays inconditionnellement sans se poser toutes ces questions !
Jean-Marc, épiscopalien et membre d'une église gayfriendly

Philip a dit…

Bonjour Jean-Marc,

J'ai voulu te répondre l'autre soir mais j'ai tout perdu à cause d'une fausse manip.
Le sujet est plus que jamais d'actualité : cf. les récents reportages sur France 2.
Je reproduis ici l'intégralité de l'avis du Conseil permanent luthéro-réformé (CPLR):

"EGLISE ET PERSONNES HOMOSEXUELLES
AVIS DU CPLR

Depuis plusieurs années nous sommes interrogés au sujet de la place et du rôle des personnes homosexuelles au sein de nos Églises. Trois questions précises émergent à propos de l’accueil dans l’Église des personnes homosexuelles, de la présence de ministres homosexuels et de la célébration d’un culte de bénédiction d’un couple homosexuel.
Le CPLR (Conseil Permanent Luthéro-Réformé) a proposé, pour entrer dans ce débat, un document de base à l’intention des Églises locales en octobre 2002. Ce document a été largement diffusé – il était aussi consultable sur Internet – et travaillé par différents groupes : conseils presbytéraux, groupes bibliques, assemblées de consistoire et d’inspection…
Les réponses révèlent qu'un large débat a eu lieu et qu’il a permis à des positions très différentes de s’exprimer dans une écoute réciproque et respectueuse. Certains rapports ont indiqué qu’au cours de la réflexion, plusieurs personnes avaient évolué dans leurs convictions. Le débat a souvent montré qu’il était réducteur de parler d’homosexualité en général : avant d’être un homosexuel, toute personne est un homme ou une femme avec ses désirs et ses fidélités, ses zones d’ombre et de lumière, sa foi et ses combats.
A l’issue de cette consultation et à partir de ses options théologiques fondamentales, le CPLR partage quelques convictions et questions.
La référence aux Écritures
Face aux textes bibliques qui parlent de l’homosexualité, nous sommes ramenés à notre interprétation de l’Écriture. Notre fondement commun est cette conviction, qui se situe au centre de la révélation biblique, qu'en Christ tout être humain est inconditionnellement aimé de Dieu. Toute lecture de la Bible se trouve soumise à cette condition première.
La Bible nous interroge aussi sur notre relation au prochain et c’est dans ce cadre --second par rapport à l’annonce première de la justification par la foi-- que se situe notre réflexion.
A partir des Écritures, les réformateurs ont souligné que l’être humain est fondamentalement un être en relation : avec Dieu et avec son prochain. Il n'est jamais humain tout seul.
Cette approche nous conduit à interroger l’homosexualité sur son rapport à l’altérité. Pour les uns, l'homosexualité, en restant dans le registre du "même", présente une carence d'altérité. Pour les autres, l’altérité est au cœur de toute rencontre quelle qu’elle soit, la différenciation sexuelle apparaissant alors comme une altérité seconde par rapport à l’irréductibilité de l’autre en tant que personne.
Les questions posées à nos Églises
L’accueil de personnes homosexuelles
Dans la compréhension luthéro-réformée, l’Église ne se définit pas par la qualité de ses membres mais par l’annonce de l’Évangile et l’administration des sacrements. De ce fait l’accueil est inconditionnel et il ne nous appartient pas de juger qui fait partie du peuple de Dieu.
Dans l'Église, communauté de pécheurs-pardonnés, chacun est invité à occuper sa place et à participer à la vie sacramentelle, quelle que soit son origine, son sexe, son milieu ou son orientation sexuelle. Théologiquement le statut d’enfant de Dieu est premier par rapport à toute autre détermination .
La présence de ministres homosexuels
Comme tout membre de l’Eglise, la personne homosexuelle est appelée à participer pleinement au sacerdoce universel en tant que témoin de l’Évangile.
Cependant, certains des membres de l’Église sont appelés à exercer des ministères particuliers. L'Église discerne et reconnaît leur vocation, porte une attention à leurs aptitudes à annoncer l'Évangile, à administrer les sacrements et à assurer un ministère d'unité à travers leurs compétences et leur personne L’orientation sexuelle n’est pas un critère de discernement en tant que tel. Les communautés locales participent à ce discernement. Actuellement, il apparaît que l'homosexualité d'un ministre est un obstacle à son appel par une église locale. S'agissant d'autres types de ministères, la question se pose différemment.
La bénédiction d’un couple homosexuel
Il n’est pas opportun d’envisager un culte de bénédiction qui entretiendrait la confusion entre couple homosexuel et hétérosexuel.
Comme chacun de nous, les homosexuels et homosexuelles en couple reçoivent dans la vie de la communauté et l’accompagnement pastoral, la parole de grâce, de pardon et de nouveauté de vie qui est celle du Seigneur.


Le Conseil propose cet avis comme une parole honnête et humble qui tente de faire le point sur une question difficile en tension entre le souci d'accueillir pleinement des frères et des sœurs qui confessent Jésus-Christ comme leur Seigneur et la responsabilité de veiller à l'unité de l'Église.
Liebfrauenberg
1er février 2004"

Mon commentaire : ce qu'il faut souligner c'est qu'à ma connaissance cet avis, aussi bien que ceux émis par les instances de l'ERF n'ont qu'un caractère consultatif. La réflexion est simplement lancée et il n'y a aucune prise de position définitivement arrêtée, contrairement à ce qui se passe au sein de l'Eglise catholique, surtout depuis la prise du pouvoir par Benoît XVI !
Il y aurait aussi beaucoup à dire sur l'opinion des instances catholiques en matière de lutte contre le VIH. On voit où cela a conduit en Afrique ! Il se peut qu'un jour,sur ce sujet, au niveau international, la responsabilité pénale de l'Eglise catholique en tant que personne morale, soit recherchée.
On peut s'inquiéter aussi de la montée en puissance des ligues pour l'abstinence avant le mariage. J'ai vu des reportages qui montraient clairement la collusion entre ces ligues "morales" évangéliques et l'administration Bush.
Pour en revenir au débat sur les pasteurs (au sens large du terme) homosexuels, si pour le moment il est fort peu probable que des églises locales appellent des pasteurs gays, ceux-ci n'en demeurent pas moins après de longues études théologiques des pasteurs. Reste à imaginer de quel manière pourrait s'exercer leur ministère. Ce débat doit aussi s'inscrire dans une réflexion plus large sur une Eglise plus inclusive.
A terme, si les blocages sont encore trop nombreux au sein de l'ERF comme dans d'autres églises d'obédience protestante ou non, la question devra être clairement posée de la fondation sur le plan tant local que national d'églises véritablement inclusives.
Il est clair aussi qu'une profonde réflexion doit être lancée sur le Christianisme en tant que tel, sans tabou. Pour avancer, je crois que la lumière doit être faite sur les origines de notre religion, sans pour antant chercher à obtenir des réponses définitives. Ainsi, l'historicité de Jésus devrait être réexaminée à la lumière de tous nos acquis en exégèse, en archéologie, en histoire des religions, en psychologie etc.
S'il y a une probabilité que le Jésus des Evangiles, canoniques ou non, procède plus du Mythe et de l'élaboration littéraire inspirée que de l'histoire, il faut avoir le courage de l'annoncer au plus grand nombre. Une foi éclairée faisant la part belle à l'esprit critique ne peut que favoriser notre croissance spirituelle. En rester au stade de la foi-adhésion à un appareil dogmatique peut rassurer certes mais dans ce cas le gain n'est que transitoire et le jeune plant maintenu bien au chaud dans son gobelet à semis finira bel et bien par mourir !
Notre foi doit devenir adulte !
Mais pour cela il nous faut accepter de faire la part des choses ! Nous devons dépasser notre peur d'aller au-delà du connu ! L'itinéraire spirituel est avant tout individuel. C'est le long voyage de retour de l'âme vers le Mont Tabor.
Pour moi le petit enfant de la crèche, les bergers l'adorant, l'étoile qui luit au firmament...est
aussi nourrissant spirituellement (cf. Eugen Drewermann) que les logions écrits sous le patronage de Jésus et de ses disciples.
L'adulte que je suis devenu sait de quoi il est redevable spirituellement au Merveilleux chrétien mais il sait aussi que pour avancer spirituellement la raison doit accompagner la foi.

Jean-Marc a dit…

Ce 2 décembre, il y avait une chronique étonnante dans le Figaro à propos de l'homosexualité des prêtres. Etonnante car sans concession pour l'Instruction du Vatican (ce qui n'est pas l'habitude du Figaro):
http://www.lefigaro.fr/debats/20051202.FIG0308.html

le sphinx a dit…

Merci Jean-Marc pour cette info du Figaro. Je m'en sens en effet très proche.

Jean-Marc a dit…

Lu sur Tetu.com:

Alors que les évêques de France, oscillant entre gêne et approbation, n'ont pas officiellement réagi à l'instruction papale , leurs «confrères» de Belgique ont écrit un communiqué de presse, daté du 29 novembre, dans lequel ils expliquent leur réticence à appliquer un tel texte de manière dogmatique. Le communiqué rappelle que, lors de l'ordination d'un prêtre, il est effectivement nécessaire que l'Église s'assure que le candidat jouit d'une totale «maturité affective», afin de pouvoir «pleinement s'épanouir» dans le célibat consacré. «Celui qui se propose comme candidat, dit, en effet, le texte, mais qui présente de graves difficultés à vivre sa chasteté, ne peut être admis à la prêtrise.» Pourtant, pour les évêques belges, les candidats homosexuels ne sont pas moins capables que les candidats hétérosexuels de maintenir durablement leur célibat. «De tels critères de discernement sont appliqués dans les séminaires de notre pays à chaque candidat à la prêtrise, quelle que soit son orientation sexuelle. (…) L'instruction tient à rappeler que si l'orientation homosexuelle d'un candidat s'avère être un obstacle au célibat consacré librement consenti ou encore à une juste relation avec les hommes et les femmes, celui-ci ne pourra être admis au séminaire, poursuivent les évêques, qui expliquent l'instruction par la volonté de réagir à un phénomène de société nouvellement médiatique et d'accueillir les homosexuels à tout prix. Les évêques sont convaincus que les responsables de la formation intégreront les points d'attention de l'instruction dans leur évaluation globale des candidats à la prêtrise.» Autrement dit, un candidat qui aurait comme «défaut» unique une nature homosexuelle serait tout de même ordonné.

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