mercredi, novembre 2

En Ouganda, un pasteur homosexuel pourchassé par la police !

C'est Louis-Georges Tin, instigateur de la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie (Idaho) qui a donné l'alerte: le correspondant en Ouganda de l'Idaho, un pasteur homosexuel, a besoin de soutiens.L'homme de foi, fervent militant de la cause homosexuelle, aurait été arrêté mercredi 26 octobre dans son église parce qu'il est gay. Un crime qui, selon les articles 140, 141 et 143 du code pénal, est passible de la prison à perpétuité. Voici le témoignage de Louis-George Tin:
Mercredi 26 octobre, 19h. Kampala, capitale de l’Ouganda. Un pasteur en prière avec ses fidèles. La police arrive et l’arrête. L’Eglise est fermée, il est conduit au poste. On lui enlève chaussures et ceinture. Quel est son crime ? Il est homosexuel ; pire encore, c’est un militant homosexuel. Selon le code pénal en vigueur, articles 140, 141 et 143, il risque la perpétuité.

L’histoire est toute récente. Le nom de cet homme ne peut être révélé pour des raisons de sécurité, mais il est en Ouganda le correspondant national de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie. Depuis des années, militant inlassable, il se bat pour la dépénalisation de l’homosexualité dans son pays. Il supplie les ambassades occidentales qui subventionnent son gouvernement de faire pression sur celui-ci, pour qu’on arrête de persécuter les gais et les lesbiennes. Mais jusqu’ici, les efforts de cet homme sont restés sans effet. Sa voix se perd dans le désert, et personne ne semble se soucier des brutalités homophobes qui le terrorisent lui et ses amis. Quand je l’avais contacté l’an dernier, il était au bord du désespoir. Le voici désormais en prison.

Par bonheur, il a sur lui un peu d’argent. Il soudoie le geôlier et parvient à s’enfuir. Le voici jeté sur les routes, sans chaussures, sans espoir. Il ne peut prendre le risque de rentrer chez lui, car il est recherché par la police. Il n’a pour tout bien qu’une chemise, un pantalon. Peut-être quelques amis, à l’étranger, qui pourraient éventuellement l’aider...

Malheureusement, l’histoire de ce jeune pasteur n’est pas isolée. Le 27 septembre 1999, le président ougandais, Yoweri Museveni déclarait que l’homosexualité est étrangère à la culture ougandaise, et menaçait les gais et les lesbiennes d’arrestations immédiates. De fait, dans les mois qui suivirent, cinq militants de l’association gaie et lesbienne Right Companion furent incarcérés, battus et rackettés. Une jeune lesbienne fut violée à deux reprises. La déclaration du président Museveni suscita une réaction internationale ; le département d’Etat américain le mit en garde, mais on en resta là, et les persécutions homophobes continuèrent comme avant. En 2000, un militant homosexuel d’un autre groupe, Lesgabix, fut assassiné à Kampala. En 2001, lorsque Christopher Ssenyonjo, ancien évêque de l’Eglise anglicane d’Ouganda, fit son coming out, le cardinal catholique Wamala ne manqua pas de rappeler que l’Eglise condamne l’homosexualité « et toutes les formes de comportements contraires aux lois de Dieu ».

Aujourd’hui, ce pasteur en fuite nous demande de l’aider. Je l’ai au téléphone chaque jour, il est exténué. Tous ses amis, gais, lesbiennes, bi ou trans espèrent que les pays comme le nôtre répondront à son appel. Ils espèrent que notre gouvernement fera pression sur le gouvernement ougandais. Que l’on prenne officiellement position contre ces arrestations arbitraires, que la question des droits de l’homme soit inscrite sur l’agenda diplomatique, et soit inscrite pour tous, sans distinction aucune. Ces hommes et ces femmes nous considèrent comme leur dernier espoir. Serons-nous à la hauteur de leurs attentes ? Serons-nous à la hauteur de nos propres valeurs ?

3 commentaires:

Théo a dit…

Il faut prier pour les gays et les lesbiennes d'Afrique, notamment pour ceux et celles qui se trouvent dans des situations de souffrance.

Furyo a dit…

Ca me semble être une situation qui relève du droit d'asile...
Tu sais par qui lui faire passer de l'argent ?

Jean-Marc a dit…

Tu peux contacter Louis-Georges Tin, fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie

tin@idahomophobia.org

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