vendredi, janvier 12

Saint Alread, "patron" des gays !

Aujourd'hui 12 janvier , nous célébrons la mémoire d'Aelred de Rielvaux tant dans l'Eglise Episcopale que dans l'Eglise Catholique Romaine. C'est l'un des rares saints qui fut ouvertement gay (bien que la notion d'orientation homosexuelle soit inconnue à son époque).

première vue, il semble curieux de choisir ce saint pour modèle. Il fut en effet célibataire, moine dans l'ordre cistércien et vécut à Rielvaux, en Angleterre. Il entra dans les ordres e, 1134 à l'âge de 24 ans; en 1147 il devint abbé de Rielvaux jusqu'à sa mort 20 ans plus tard. Dans sa Règle de Vie pour un Reclus, écrite pour une ermite anonyme, il lui recommande vigoureusement de sauvegarder sa virginité des souillures aussi bien avec les hommes qu'avec les femmes. Il ne pensait pas cependant que sa propre sexualité fut entièrement sous son contrôle. En tant que maître des novices, responsable de la formation de jeunes hommes influençables, il trouva nécessaire de construire une cuve secrète dans laquelle il pouvait s'immerger dans de l'eau glacée pour brider ses passions physiques. Même dans ses derniers jours, malade et âgé, il trouvait que son célibat avait besoin d'une protection vigilante.

Mais Aelred , plus que tout autre saint, appréciait profondément l'amitié, qu'il faut entendre comme l'amour particulier entre deux individus. Notre tradition est très prolixte sur la charité universelle, l'amour de toute l'humanité. Nous entendons beaucoup moins de choses sur l'amour digne entre deux personnes, comme on le trouve par exemple entre Naomi et Ruth, ou entre Jésus et Jean, le "disciple bien aimé".

Parmi tous les dons qu'Aelred a donné à l'Eglise, le plus unique est sa joyeuse affirmation que nous nous rapprochons de Dieu dans et à travers nos relations avec les autres, et non sans ou malgré eux. Il est important de rappeler aussi qui étaient ces individus particuliers, dont l'amour enseigna à Aelred l'amour de Dieu. Aelred lui-même dit avoir perdu la tête pour un garçon puis un autre pendant qu'il fréquentait l'école. Il fut un homme aux passions fortes, qui parlait ouvertement des hommes pour lesquels il avait des attachements érotiques. Après la mort d'un moine qu'il aimait visiblement, il écrivit:
"Le seul qui pourrait ne pas s'étonner de voir Aelred vivre sans Simon serait quelqu'un qui ignorait combien il fut plaisant pour nous de passer notre vie ensemble sur la terre; quelle joie nous aurions eu à aller au ciel dans la compagnie l'un de l'autre...Aussi, pleure, non parce que Simon a été élevé au ciel, mais parce que Aelred est resté sur terre, seul."
L'amitié qu'Aelred décrivait de manière si éloquente est résumée dans ce passage:
"Ce n'est pas une maigre consolation d'avoir dans cette vie quelqu'un à qui vous pouvez vous unir dans une affection intime et l'embrassement d'un saint amour, quelqu'un en qui votre esprit peut se reposer, en qui vous pouvez déverser votre âme, dont les échanges plaisants, tout comme les chants agréables, peuvent vous conduire au chagrin...dont les baisers spirituels, tel un baume bienfaisant, peuvent vous soulager de la fatigue dues à votre perpétuelle anxiété. Un homme qui peut verser avec vous des larmes quand vous avez des soucis, être heureux avec vous quand tout va bien, chercher avec vous les réponses à vos problèmes, avec qui les liens de charité peuvent vous conduire aux profondeurs de votre coeur;...où la douceur de l'Esprit s'écoule entre vous, où vous vous unissez si fortement à vous mêmes et vous attachez à lui que l'âme se confond avec l'âme et que les deux deviennent une."
Prière pour la fête de St Aelred, le 12 janvier

"Comble nos coeurs, Seigneur, du don d'amour de ton Esprit Saint, afin que nous puissions, lorsque nous nous serrons les mains, partager la joie de l'amitié, humaine et divine, et que nous puissions, avec ton serviteur Aelred, en amener beaucoup dans ta communauté d'amour; par Jésus Christ notre Seigneur, qui vit et règne avec Toi dans l'unité du Saint Esprit, maintenant et pour toujours. Amen"

9 commentaires:

Anonyme a dit…

Quel honteux blasmphème. Slair ainsi la mémoire des saints en leur imputant le vice de Sodome!!!! Qu'en pense l'Ordre cistercien?

Anonyme a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
georges a dit…

Cet "anonyme" ferait mieux de se taire ou de s'identifier (je sais qui vous êtes...), et d'argumenter ses affirmations.

Écoutez, mon père: si les gais ont le "vice de Sodome", alors vous, vous avez le "vice de Guibéa" (Juges 19). Et si nous sommes des sodomites, vous n'êtes qu'un "guibéen": ni plus, ni moins.

Un Guibéen comme vous, est-il digne de la Society of the Holy Cross? Avec une telle herméneutique, allez plutôt vous faire enroller chez les Pie X. Ils vous apprendront la vraie pénitence. («Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l'on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez.»)

Maintenant voyons ce qui est d'Aereld et autres moines comme lui.

Leur mérite est de ne pas faire de distinction entre les straights et les gais. C'est tout. Ces moines vivaient dans la chasteté, et même dans l'abstinence sexuelle. Mais c'est leur manque de discrimination qui importe.

Personnellement, je ne crois pas qu'Aereld soit un exemple pour la théologie queer. Il peut être un peu intéressant dans un premier temps, mais dans un second temps, il me semble que les seules figures qui nous intéressent sont les couples Le modèle par excellence: Ss Serge et Bacchus.

Mais les amitiés dont il est question n'ont rien à voir avec la théologie queer.

Ben a dit…

C'est le peuple de Dieu qui reconnaît les saints.
Si les cathogays se mettent dans l'intercession de saint Aelred, c'est leur droit d'enfants de Dieu.
Donc, vive saint Aelred !
Et rendons grâce à Dieu pour ce que nous sommes et ce qu'il nous donne....

Christian a dit…

Cher Jean-Marc,
Bénis soit Saint Aelred qui moine ayant fait vœu de continence, n’en est pas moins homme et ne fait pas de différence quand il s’agit d’Amour. Car seul l’Amour compte, qu’il soit hétérosexuel ou homosexuel il plait à Dieu.
Et comme Georges j’aime beaucoup Saint Sergius et Saint Bacchus qui s’aimaient dans le Christ et qui après leur supplice se sont retrouvés pour toujours dans le Paradis. Car quand on s’aime vraiment rien ne peut nous séparer. Ayons en l‘espoir.
A bientôt.
Amitiés
Christian

Furyo a dit…

Vive saint Aelred !

REALITY a dit…

Les témoignages anonymes sont pour moi méprisables. Nous devrions donc ne rien en dire. Je n'en dirais donc rien !
J'aime beaucoup saint Aelred, et mon blog porte d'ailleurs le titre d'une de ses oeuvres, "L'amitié spirituelle" mais de là à affirmer qu'il soit homosexuel est aberrant sous le prétexte d'un style chaleureux où l'amitié va à son point le plus haut. Raccourci un peu trop facile.
Saint Aelred est devenu dans pas mal de site LE saint homosexuel ! Pas mal comme référence mais pendant qu’on y est, pourquoi saint François d’Assise qui a dit, lui aussi, de si belle chose avec la même touche délicate. Sans doute fallait-il bien un saint de référence pour les homosexuels chrétiens et pourquoi pas saint Aelred mais pardonnez-moi, ce n’est que mon point de vue, je ne supporterais décidément jamais cette façon de « réduire » un saint, une personne à un aspect de sa personnalité, et identifier un être et sa manière d’être.
La tendresse qu'il exprime dans ses livres pour les hommes est admirable mais comme nous le savons tous, elle n'est pas le privilège des homosexuels et ne veut donc rien dire sur son inclination sexuelle. Mais acceptons, pourquoi pas, la figure est si belle ! Evitons au moins les affirmations péremptoires d’un homme fort éloigné de notre siècle dont nous savons si peu.

Peut-être plus douteux encore, dire que saint Aelred avait des attachements érotiques est, non seulement inattendues - les exemples présentés n'ont rien à voir d'ailleurs - mais c'est présenter là encore un saint Aelred de bien étrange façon. En admettant qu'il fut homosexuel, et pourquoi pas bien sûr car des moines homosexuels et saints n'ont certainement pas manqué - est-ce la meilleure façon de le présenter ainsi que de laisser entendre que la condition érotique - que je ne critique pas en soi car c'est le lot, aussi, de tout homme - est une des premières choses dont nous devions nous féliciter chez lui ? Était-ce si important d'en parler à l’occasion de sa fête comme si le lien entre homosexualité et érotisme était une évidence de fait pour tous, un clin d’oeil obligatoire ? Cette image, déjà si caricatural dans les médias, qu’il nous suffit de voir les couvertures de TETU si loin de la réalité de beaucoup d’entre-nous, si loin du réel de beaucoup d’homosexuel. Pourquoi en rajouter ?
Attachements érotiques ? Comme tu y vas !!! Non, je ne suis pas d'accord sur cette présentation un peu courte sauf le respect que je vous dois cher Jean-Marc.
Je précise encore une fois, mais cela va sans dire, que mon commentaire n'est pas révulsif ni à ce blog ni à l'auteur de ce post et j'espère qu'il est possible ici de dire tout ce que l'on pense sans que cela soit pris pour, je ne sais trop quelle querelle ce qui serait absurde.
Je suis d’ailleurs particulièrement discret dans mes commentaires ici sur ton blog Jean-Marc car si je ne suis pas toujours d’accord avec ce que j'y lis, je ne me sens pas autorisé pour autant à y aller de mon petit mot. J’aurais l’impression d’être une sorte de donneur de leçon, ce qui serait d’une rare prétention et détestable en tout point d’autant que je trouve aussi sur ton blog d’excellente chose comme je t’ai déjà dis par ailleurs lors de nos conversations. Mais là, pour une foi, ayant un amour très grand pour saint Aelred, je pense qu’on ne m’en voudra pas trop de mes quelques lignes, amicales encore, encore moins anonymes mais voulant simplement apporter quelques précisions que chacun voudra bien accepter fraternellement ou non.
Belle fête de la saint Aelred à tous !

Jean-Marc a dit…

Je crois qu'on fait souvent une confusion entre érotisme ('amour "eros " et génitalité. La très belle encyclique de Benoit 16 "amour et charité" est très éclairante à ce sujet. L'eros y est réabilité.

Voici un extrait:
"la foi chrétienne a toujours considéré l’homme comme un être un et duel, dans lequel esprit et matière s’interpénètrent l’un l’autre et font ainsi tous deux l’expérience d’une nouvelle noblesse. Oui, l’eros veut nous élever «en extase» vers le Divin, nous conduire au-delà de nous-mêmes, mais c’est précisément pourquoi est requis un chemin de montée, de renoncements, de purifications et de guérisons."

Plus loin dans ce même document, le pape précise que que Dieu lui-même aime d'un amour qui peut être qualifié d'eros: "le Dieu unique auquel Israël croit aime personnellement. De plus, son amour est un amour d’élection : parmi tous les peuples, il choisit Israël et il l’aime, avec cependant le dessein de guérir par là toute l’humanité. Il aime, et son amour peut être qualifié sans aucun doute comme eros, qui toutefois est en même temps et totalement agapè"

Franck Waille a dit…

Bonjour Jean-Marc

merci pour ton blog

connaiss-tu cet article ?
A la seule réserve que le Monastère Sainte Catherine n'est pas du tout en Israël mais en Égypte (le Sinaï ayant été libéré), il semble bien documenté.
Disons qu'il est… révolutionnaire !

http://www.jinxiboo.com/blog/2009/5/3/when-same-sex-marriage-was-a-christian-rite.html

Franck

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