mercredi, septembre 5

Faut-il tout dire à son partenaire ?

Jusqu'où puis-je aller dans l'expression de mes émotions vis-à-vis de mon compagnon ? Je me pose la question depuis hier. Je me suis senti poussé à lui dire que je ne me sentais pas en totale sécurité avec lui ni assuré d'être soutenu dans l'hypothèse où je perdrais mon boulot. Il est vrai que ma période d'essai s'achève le 25 septembre. Je saurai alors si je suis confirmé dans mon poste. La probabilité est forte que je le sois, mais je n'en suis pas sûr à 100%. Du coup, je me sens en insécurité. J'ai peu de retrouver la situation que j'ai connu il y a 6 mois et qui a été particulièrement éprouvante.

Je ne sais pas exactement ce qui m'a poussé à lui dire ça ? Il venait de me proposer gentiment de me payer le billet retour pour Saint-Etienne où nous projetions d'aller voir une amie, car il avait senti mon hésitation devant le prix à payer. Il m'a présenté ça comme un cadeau, mais j'ai préféré refuser trouvant malsain d'être ainsi "pris en charge". En fait, je n'ai pas de difficultés financières en ce moment. Je peux donc me prendre en charge mais j'hésite à multiplier les dépenses tant que je ne suis pas sûr de mon emploi. Jusqu'à présent, je n'ai rien réussi à mettre de côté, et cela me fait peur. Comment vais-je assumer si je n'ai plus de salaire le mois prochain ?

Peut-être attendais-je tout simplement que François me rassure quand je lui ai dit que je ne me sentais pas en sécurité ? Le problème est qu'il s'est senti blessé. Je sais qu'il est très sensible. Pourtant, je n'avais pas l' intention de lui faire du mal. Je voulais juste être en vérité avec lui, lui dire ma "vérité émotionnelle" du moment. La vérité nous rend libre, mais toute vérité est-elle bonne à dire ? Peut-on exprimer toutes ses émotions à son partenaire, ou faut-il s'auto-censurer quand il ne semble pas prêt à tout entendre ? J'attends vos avis sur cette question!

6 commentaires:

Nicolas a dit…

Tu sais, cher Jean-Marc, ce type d'hésitation et de question survient souvent à un moment ou un autre.. et il repart en général aussi vite qu'il est venu.

J'ai pour ma part deux convictions:
1° Ton cher et tendre est adorable et sera là pour toi si jamais les choses ne vont pas comme tu l'entends

2° Je suis très confiant pour ton job!

J'espère avoir le plaisir de te/vous revoir très bientôt

Biz

Nicolas

Furyo a dit…

Jean-Marc, si tu passes par St Etienne, j'espère qu'on pourra se voir pour boire un verre...

Jean-Marc a dit…

To Nicolas,

En y réfléchissant bien, je crois que je suis plus confiant en François qu'en moi-même, et que je projette en fait sur lui mon manque de confiance en moi-même.C'est donc ça que j'ai ai réglé avant tout.

To Furyo
Avec plaisir, tu habites donc Saint Etienne ?

ben a dit…

S'il est vrai que la vérité rend libre, il est tout aussi vrai que ce que nous pensons vrai ne peut toujours être entendu tel par l'autre.
Dans ta situation, il me semble qu'il y a deux choses qui s'entrechoquent : ce sentiment de n'être pas en totale sécurité (et cela peut se comprendre...) que tu exprimes et l'absolue indépendance manifestée en refusant le prix du billet. Il y a chez François un désir de te soulager d'un tracas intérieur et tu refuse...

Pour ma part, j'essaye de dire le plus possible mais en sachant qu'il est des choses qu'il vaut mieux dire plus tard.
De plus, il y a, selon moi, un mythe à la totale transparence... Il est des parts d'indicible même au coeur d'un couple le plus uni.

Je pense à vous, je pense à toi et vous envoie des bisous d'amitié.

Dominique. a dit…

Se sentir pris en charge n'est pas évident. Notre autonomie est aussi une question de fierté personnelle. Accepter ce que l'autre me donne généreusement n'a rien de menaçant. S'il le fait, il faut faire attention à notre façon d'interpréter un geste d'amour gratuit. Je prie pour ton emploi. Ça ira, tu verras.

Eric Louis a dit…

Je rejoins ce qui a été dit, et je t'encourage, Jean-Marc !
C'est quand ce n'est pas évident pour nous, que finalement on peut petit à petit découvrir, en tatonnant, la manière la plus adéquate de se dire à l'autre et de l'aimer.

Aimerais-je vraiment l'autre si je fais d'abord passer un principe figé ("toujours dire la vérité") avant vraiment de me demander ce qu'il est capable d'entendre avec tout ce qu'il est ?

Ou est-ce que j'obbéis pas automatiquement à un précepte sans vraiment me demander comment je peux l'incarner ?

L'amour je crois que c'est l'attention portée à l'autre, et le fait de rester attentif à ce qui peut aider à le faire vivre ou pas.

Je porte une vérité et c'est légitime de vouloir l'exprimer. Après, mon amour pour la personne me pousse à conjuguer vérité et subtilité, douceur.

Et c'est loin d'être facile. Mais c'est un sacré défi. Et comme Dieu nous conduit à l'amour, il nous interroge aussi dans notre vie de couple.

Quel beau chemin d'interrogations !
Pas facile certes, mais super constructif. Rien n'est évident, ne coule de source. En incarnant ces choses, nous nous humanisons, nous cheminons et évoluons, avec au coeur l'amour que Dieu met en nous. Ca peut nous guider au jour le jour, je crois.

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