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Depuis jeudi et jusque mardi prochain, les évêques de France sont réunis dans les sanctuaires de Lourdes pour leur assemblée plénière. Dans son discours d'ouverture Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la Conférence des évêques de France, a formulé plusieurs mises en garde.
Le coup de crosse le plus vif concerne le projet de loi que le garde des Sceaux, Dominique Perben, devrait défendre à l'Assemblée nationale au début de décembre «contre les propos discriminatoires à caractère sexiste ou homophobe». Il y voit un danger pour la démocratie, sans seulement vouloir protéger le jugement moral de l'Église catholique sur l'homosexualité, taxé a priori d'homophobie comme le fut Rocco Buttiglione, catholique italien pressenti pour être commissaire européen, mais qui, pour avoir qualifié l'homosexualité de «péché», dut être écarté, la semaine dernière.
Premier argument : les délits ou crimes contre des personnes homosexuelles sont déjà sanctionnés par le Code pénal ; il n'y a donc pas de vide juridique. «Il est inutile d'ajouter de la loi à la loi», plaide Mgr Ricard.
Deuxième argument : la définition d'un propos homophobe est imprécise, voire subjective. «Sera-t-il encore possible de dire qu'on ne met pas sur le même plan hétérosexualité et homosexualité ?» , s'interroge Mgr Ricard pour qui «ces questions sont trop graves pour qu'elles ne soient pas largement débattues».
Dernier argument : après la loi sur les signes religieux, le champ des libertés pourrait encore être ainsi rogné. Refusant de mobiliser un «lobby catho» contre un «lobby gay», Mgr Ricard précise : «Nous ne défendons pas simplement la possibilité de l'Église catholique de s'exprimer, mais la liberté d'expression de tous dans une société vraiment démocratique.»
L'Eglise catholique n'est décidément pas à court d'argument quand il s'agit de pouvoir continuer exprimer des propos discriminatoires. Personne n'a jamais dit que l'homosexualité et l'hétérosexualité c'est la même chose. Mais de là à justifier les discriminations liées à l'orientation sexuelle et à accuser les gays de la décadence de notre société (ce dont ne se prive pas Tony Anatrella)...
Source: Le Figaro.fr
1 commentaire:
Attend: l'évêque de Calgary au Canada a comparé l'homosexualité avec la prostitution et le viol, toutes de choses qu'il estime que la société a raison d'interdire. Les associations gay canadiennes lui ont collé un procès pour diffamation et injure. Mais lui aussi s'en tape et se réclame de la liberté d'expression.
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