mardi, juillet 19

"Miss Swan" : souffrir pour être belle !

Le culte du corps vient de franchir une nouvelle étape avec " "Miss Swan" ("Mademoiselle Cygne") ou la première émission de télé-réalité portant sur la transformation physique : seize laiderons ­ épouses ou mères de famille ­, choisis parmi 200 000 volontaires, ont été invités à Los Angeles "pour subir des transformations majeures incluant médecine esthétique et chirurgie plastique, ainsi qu'un entraînement sportif et un suivi psychologique" . La liste de métamorphoses est rappelée au début de chaque épisode : lifting frontal, rhinoplastie, traitement au laser CO2, augmentation mammaire, lipectomie, dentisterie...
L'émission est hallucinante et on ne sait pas s'il faut rire ou pleurer. Prenons le cas de Serena Voight, 36 ans, bénévole dans un organisme de bienfaisance aux Etats-Unis. Plaintive, elle raconte : « Je suis là, ni laide ni jolie, juste là… J’ai l’impression d’avoir des yeux de chiot. Ils sont tombants même lorsque je souris. » Pendant trois mois, elle sera suivie par un pool d’experts, relayés par une animatrice retouchée. « Qu’allons-nous faire de son ventre flasque ? » demande celle-ci. « Une liposuccion en six points du corps et un transfert de gras », répond le plasticien ; le nutritionniste : « Une diète à cent vingt calories par jour » ; le thérapeute : « Deux séances hebdomadaires de confiance en soi ». Suivent des images d’opération chirurgicale dignes de la série culte Nip/Tuck ; des séances de thérapie parsemées de larmes ; des vociférations de coach sportif rappelant la 1re Compagnie. Après des semaines de souffrance physique et morale, Serena découvre son image de Barbie pulpeuse dans un miroir doré. Elle porte une robe longue à volants. « Oh, mon Dieu, je suis si belle ! » pleure-t-elle en s’effondrant. On ne sait alors si c’est d’extase ou d’effroi ? (P. S.)

Aux Etats-Unis, l'élection de "Miss Swan" a réuni, sur la Fox, 15 millions de téléspectateurs. C'est la chaîne du câble et du satellite TF6, détenue conjointement par M6 et TF1, qui a relayé les dix épisodes du 18 mai au 15 juin. L'un des dirigeants de la Une, chargé des divertissements, a cependant jugé le programme trop sensible pour une chaîne hertzienne...

Sources: Le Monde et Psychologies

3 commentaires:

Anonyme a dit…

tu ne sais pas s'il faut rire ou pleurer ?
même si certains scènes doivent prêter à sourire, je pense qu'il faut plutôt déplorer l'existence de ce genre d'émission. ce qui m'agace le plus dans la chirurgie esthétique, c'est que l'on transforme une personne afin qu'elle ressemble aux canons du moment de la beauté. c'est de la superficialité en barre. alors bien sûr, je serais hypocrite si je disais que le physique ne joue aucun rôle dans la séduction mais la chirurgie esthétique devrait être un acte médical préconisé sur ordonnance en cas de rééls problèmes (surpoids, pb après accident...). et pense aux conséquences psychologiques de ces interventions dans l'esprit des ces personnes ?
tibère

Philip a dit…

bonsoir Jean-Marc,

J'ai suivi cette émission. Mon ami affectionne ce genre de programme même s'il garde sur un oeil critique. Ce qui m'a frappé c'est qu'on ne leur demandait jamais leur avis sur le programme des réjouissances. Vous vous trouvez moche et vous voulez être "belle", alors acceptez notre paquet de mesures sinon ...
Comment le totalitarisme prend le masque de l'angélisme !
C'est vrai, dans l'ensemble l'amélioration physique était nette mais au prix d'un look avenant certes mais stéréotypé. La coiffure et la tenue accentuaient cet effet.
Et puis je déteste cette atmosphère de compétition qui est la marque de fabrique des shows de la "téléréalité".
De manière générale je trouve que la téléréalité est assez révélatrice d'un certain durcissement de nos sociétés. Derrière les bons sentiments de façade, il y a souvent les rivalités, l'ostracisme, le sentiment de puissance, bref des "valeurs" de combat, de domination....de mort ! On est loin, très loin de la défense des "petits" si chère au Jésus des Evangiles. C'est très inquiétant pour l'avenir. Prôner la compassion, l'amour du prochain risque un jour d'être perçu comme un signe de faiblesse...
Tim Burton, dans son dernier film qui n'est peut-être pas le meilleur mais qui vaut tout de même plus qu'un détour, règle leur compte à ces "valeurs" de toute puissance.
Cordialement. Philip.
Bilan : bof !

P.S En plus l'ancienne Miss France faisait potiche et le ton des commentaire était à vomir.

catholorenzo a dit…

Dans la version américaine, je me souviens d'avoir vu une candidate répéter 15 fois "oh my god, oh my god, oh my god" quand elle se découvre dans miroir. Mais pourquoi ai-je l'impression qu'elle ne parlait pas vraiment à Dieu et que celui-ci pourrait ne pas être d'accord avec ce qui s'est passé?

Une erreur est survenue dans ce gadget