dimanche, septembre 18

"Personne ne nous a embauchés"

"Miettes de la table " est une nouvelle revue destiné à favoriser une approche régulière, personnelle mais aussi communautaire de la Bible, plus particulièrement des Evangiles, en reprenant le lectionnaire en usage dans beaucoup d'Eglises (dont l'ECR). Le titre "Miettes de la table" a été choisi en référence à l’épisode rapporté en Mt 15 : 21-28 qui affirme conjointement l’amour inconditionnel de Dieu et la nécessité de se réapproprier par la foi ce qui a pu nous être dérobé par l’attitude de rejet de nos institutions ou d’autres membres du corps de Christ.
Créé par Jean Vilbas, membre des Eglises MCC et impliqué dans le groupe « Rendez-Vous Chrétien » à Lille, ce lectionnaire n’est ni spécifiquement MCC ni même spécifiquement lgbt ; y interviennent des femmes et des hommes divers par leurs origines confessionnelles, leur formation théologique comme par leur orientation sexuelle mais tous acquis au message de l’amour inclusif de Dieu. Il sera bientôt disponible en téléchargement libre sur un nouveau blog dont je vous reparlerai. En avant première, je vous propose de lire le commentaire d'Arnaud A., membre de l'Eglise catholique romaine, à propos de l'Evangile de ce dimanche:

Commentaire biblique de Mt 20,1-16:

« Personne ne nous a embauchés... » (v. 7)


Une phrase terrible et banale tout à la fois... Elle concerne officiellement 10 % de la population française et touche plus particulièrement les jeunes. Derrière ce chiffre nous connaissons tous, hélas, au moins un visage. Je pense à L. de Lille : je me réjouis toujours de voir ce gosse de 20 ans, tout sourire, plein d’énergie et de vitalité. Mais la seconde qui suit, je déprime en pensant qu’un type aussi motivé à travailler comme lui est condamné à se tourner les pouces à longueur de journée parce « personne ne l’a embauché ». Heureusement, pour ce mois de septembre, les vendanges le mobilisent quelques semaines en Champagne. Mais après?

Le temps des vendanges est aussi le temps de notre Évangile (v. 1). La récolte doit être abondante, le maître de la vigne est débordé de travail, ce qui l’oblige à sortir de sa propriété toutes les trois heures. Il passe sa journée et son énergie sur les routes, à chercher des ouvriers. Le salaire est entendu : journalier (1 pièce d’argent = 1 denier, l’unité de monnaie romaine) mais le contrat, lui, est sous-entendu : il s’agit d’un magnifique C.D.I. porté sur un plateau d’argent ! Un vrai contrat à vie puisqu’il s’agit de travailler à la vigne du Royaume des cieux (c.f. v. 1).

« Personne ne nous a embauchés... » (v. 7)

Comment se fait-il que ce soit notre maître du domaine qui doive, en personne, jouer les employeurs pour que le raisin ne se perde pas ? Voilà bien une question qui ne doit jamais s’éteindre en nous, quand nous pensons, autour de nous, à tous ceux qui sont invités à travailler pour le Royaume et qui ne le savent pas ou ne veulent pas le savoir... Voulons-nous à travers nos gestes et nos paroles, laisser le Père lui-même embaucher ses ouvriers? Voulons-nous d’abord, nous en avons peut-être besoin, le laisser nous réembaucher nous-mêmes? à nouveau nous appeler ? Restons-nous du côté des premiers ouvriers qui ont oublié qui les a embauchés et qui convoitent au lieu de recevoir? Ou voulons-nous faire ou refaire la merveilleuse expérience d’être du côté des derniers arrivés? Ils gardent vive la mémoire de celui qui les a embauchés et pour quelle oeuvre...Ils sont dans la reconnaissance. Enrichis d’un seul denier, ils sont devenus plus riches que les premiers ouvriers car ils ont déjà tout. Ils sont de ceux que Jésus a déjà loués : « Heureux les pauvres de cœur : le royaume des cieux est à eux» ( Mt 5, 3).

Pour aller plus loin

Aimer le monde pour vouloir travailler pour lui, c’est ça le Royaume. Aimer Jésus et désirer le voir face à face, c’est ça notre but. Rester les pieds sur terre et garder dans tête dans le ciel : telle est la posture des vendangeurs !

1. Avons-nous fait l’expérience d’être personnellement appelé par le Père à travailler à sa vigne? Si oui, quand et comment? Si nous pensons que non, est-ce d’abord si sûr? Ensuite, si nous répondons encore par la négative, en avons-nous le désir?

2. Sommes-nous tout à fait extérieurs aux récriminations des premiers ouvriers?

3. Nous arrive-t-il de regarder « d’un oeil mauvais » (Mt 20, 15) la bonté en action?

Prière

Ravive en moi, Seigneur, l’amour des premiers jours. Rappelle-moi que toute oeuvre juste et positive, je la reçois de toi. Cultive en moi à la fois la promptitude des premiers ouvriers et la reconnaissance des derniers. Amen.

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