jeudi, avril 20

"Débriefing de Carême" (3ème partie)

Vendredi Saint a été une journée très intense. C'est pour moi le jour de l'année le plus important avec Pâques. C'est le jour où je me souviens de l'incroyable don de Dieu qui, à travers Jésus, prend ma place sur la croix et me délivre ainsi, une fois pour toutes, de mes péchés.

C'est aussi le jour idéal pour une confession individuelle de ses péchés (pratique assez rare dans l'Eglise Anglicane et qui n'est pas considérée comme un sacrement au même titre que le baptême et l'eucharistie). Non pas que cette démarche soit nécessaire pour obtenir le pardon de Dieu (il nous est accordé à chaque fois que nous lui demandons de tout notre coeur et nous pouvons l'"entendre" explicitement lors de l'absolution à chaque messe) , mais elle permet de faire le point dans sa vie et, à travers l'échange avec un prêtre, d'aller plus loin pour dépasser ses limites. C'est en tout cas comme ça que je le vis. Cette année, j'ai pris conscience de la nécessité de demander pardon à quelqu'un en particulier, ce que je vais faire dans les jours qui viennent. Acte difficile mais qui me semble incontournable dans ma vie de chrétien. Ne disons-nous par dans la prière du Notre Père:
"Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé"
Ou encore ce verset de l'évangile de Matthieu (chapitre 5):
"lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande".
C'est le coeur plus léger que j'ai ensuite participé à l'office de midi dans ma paroisse. L'occasion de méditer sur le mystère de la mort de Jésus. C'était d'autant plus impressionnant que l'autel avait été complètement dépouillé la veille.

J'avais prévu de jeûner la journée entière (c'est mon côté "tout ou rien") mais je n'ai pas réussi. L'idée de "tenir" m'obsédait tellement que je me suis dit qu'elle prenait trop de place dans mon esprit et risquait d'occulter l'essentiel: l'ouverture à l'amour de Dieu manifesté dans la mort de Jésus. J'ai donc décidé de lâcher prise et de manger légèrement !

Vendredi Saint est aussi le jour que Benoît XVI a malheureusement choisi pour s'en prendre une nouvelle fois à ceux qui luttent pour l"égal accès des gays et lesbiennes au mariage. Sans les nommer directement, voici la prière qu'il a prononcée au cours de la 3ème station (Jésus tombe pour la troisième fois) du chemin de croix:
Seigneur,
nous avons perdu le sens du péché!
Aujourd'hui est en train de se répandre, par une propagande sournoise,
une folle apologie du mal,
un absurde culte de Satan, une folle volonté de transgression,
une fausse et inconsistante liberté
qui exaltent le caprice, le vice et l'égoïsme,
les présentant comme des conquêtes de la civilisation.

Seigneur Jésus,
ouvre nos yeux:
fais que nous voyions la boue
et que nous la reconnaissions pour ce qu'elle est,
afin qu'une larme de repentir
restaure en nous la pureté
et l'espace d'une vraie liberté.
Ouvre nos yeux,
Seigneur Jésus !"
Sans commentaires...

3 commentaires:

Benoît a dit…

Cher Jean-Marc, tu vas dire que je pinaille, mais les méditations du Vendredi Saint ont été rédigées non pas par BENOIT XVI, mais par Mgr Angelo COMASTRI. Si nous sommes très mauvaises langues, nous dirons qu'il a fait porter le chapeau à un autre...Ce durcissement très net de l'ECR envers les homosexuels est-il dû au changement de Pape ou à une coïncidence???
Merci de nous partager ton chemin de conversion, par l'Esprit qui suscite en toi le désir de demander pardon au Seigneur. Pour ma part, je dois être bien loin de le mériter, car je n'ai pas trouvé de prêtre qui soit pressé de m'administrer le sacrement du pardon.
Bien à toi

chayR a dit…

M. Jean-Marc,
Quand vous dites (dans votre présentation) :"C'est Dieu qui a fait de nous des homosexuels", Prouvez-le ! Si vous en êtes capable.
http://chayr.blogspirit.com
En toute vérité.
chayR.

Jean-Marc a dit…

To Benoit

A partir du moment où il lit une prière, même rédigée par un autre, c'est qu'il l'endosse, non ?
Quant au pardon, personne ne le mérite. Mais Jésus a payé le prix pour nous en libérer. Il suffit de lui demander sincèrement pardon, avec le désir de changer. Cela ne dépend pas de l'accord d'un prêtre, même s'il est bon de se l'entendre dire. Envoie-moi un mail si tu veux que je te donne les coordonnées d'un prêtre.

To chayr

Je n'ai rien à prouver. Je sais au fond de mon coeur que Dieu m'a créé tel que je suis et qu'Il m'aime ainsi. Je vous souhaite vous aussi de découvrir cet incroyable amour du Père révélé en Jésus le Christ et manifesté par l'Esprit Saint.

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