mardi, mai 16

Journée mondiale contre l'homophobie le 17 mai


Ce mercredi 17 mai aura lieu la 2ème édition de la Journée mondiale contre l'homophobie. Elle est organisée par l' IDAHO (International Day Against HOmophobia) dirigé par Louis-George Tin, auteur du dictionnaire de l'homophobie.Cette date a été choisie parce que c’est le 17 mai 1990 que l’Organisation Mondiale de la Santé a supprimé l’homosexualité de la liste des maladies mentales.

De nombreuses manifestations auront lieu ce jour là, et dans plusieurs pays puisqu'il s'agit d'un évènement international. A Paris sera célébrée une Cérémonie inter-religieuse contre l'homophobie 19h30 au Foyer de Grenelle, 17 rue de l'Avre Paris 15e. J'y serai. Cette célébration réunira des croyants des trois traditions monothéistes, et sera ouverte à toutes les traditions spirituelles. Le slogan choisi: parce que l'homophobie dans les religions est le fait de certains religieux plutôt que des religions elles-mêmes..

Un texte a été rédigé à cette occasion par plusieurs groupes religieux. Il paraîtra ans le Monde je crois:
"Dieu n’est pas homophobe, mais certains religieux le sont.

« Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme, ce serait une abomination » Lévitique, 18 – 22

« … les hommes de même, abandonnant les rapports naturels avec la femme, se sont enflammés de désir les uns pour les autres, commettant l’infamie d’homme à homme et recevant en leur personne le juste salaire de leur égarement ». Epître aux Romains, 1 – 27

« Lot dit à son peuple : "Vous livrez-vous à cette turpitude que nul, parmi les mondes, n'a commise avant vous ? Certes, vous assouvissez vos désirs charnels avec les hommes au lieu des femmes ! Vous êtes bien un peuple outrancier" ». Sourate 7, 80 – 81

Noyées dans l’immensité des Livres Saints des trois religions, quelques phrases seulement évoquent les rapports sexuels entre hommes. Malgré les exégèses, nombre d’institutions et de responsables religieux continuent à les prendre au pied de la lettre. Elles ont été utilisées, depuis des siècles, comme prétexte pour légitimer des positions politiques ou éthiques et étayer une homophobie dont les racines étaient sans doute ailleurs, dans la peur de l’autre, du différent.

Et pourtant de nombreux homosexuels, aujourd’hui, affirment leur croyance dans les religions du Livre. Il est possible de vivre pleinement, et leur foi en ce Dieu qui les a crées et leur vie affective et sexuelle.

Ainsi, nous, femmes et hommes, croyants, juifs, chrétiens, musulmans déclarons que :

- L’utilisation des Livres Saints pour condamner les actes homosexuels entre deux adultes qui s’aiment est indigne du travail exégétique qui n’a cessé d’être réalisé depuis la rédaction de ces textes et revient à s’enfermer dans des réalités culturelles et sociétales d’un autre temps.
L’exégèse a, par le passé, permis de remettre en question l’esclavage ou la subordination des femmes. C’est la même démarche qui devrait remettre aujourd’hui en cause l’homophobie ;

- Chaque femme, chaque homme, qui se reconnaît homosexuel fait l’expérience d’un décalage avec la norme que nous propose, voire nous impose, notre environnement, décalage qui exige de se mettre en route vers un ailleurs. En cela, il rejoint les expériences fondamentales d’Abraham, de Jésus, de Muhammed, dont les messages ont pour base le refus des carcans de leur temps ;

- Les religions qui se veulent chemin de réalisation de l’homme ne peuvent être telles si elles écartent du chemin tous ceux qui s’écartent de leur norme ;

- Les textes sacrés portent un message universel. Chaque conscience religieuse est le fruit d’une recherche et doit tendre vers une appropriation personnelle. Ainsi le message religieux n’a de valeur que dans la mesure où il ne reste pas déconnecté des hommes ;

- La responsabilité des autorités religieuses est lourde : leurs positions, leurs écrits, leurs affirmations, cautionnent souvent des silences coupables et des pratiques homophobes au nom de « justes discriminations ». Dépassant largement leur rôle, ces autorités incitent la société civile à refuser la reconnaissance des réalités homosexuelles. Cette ingérence récurrente dans la sphère politique laisse présager des jours sombres pour une laïcité qui nous est chère ;

- Ainsi, l’homophobie que nous subissons, l’incompatibilité supposée entre religion et homosexualité, ne sont pas le fait de Dieu, mais de ceux qui prétendent parler en Son nom.

Le 17 mai 2006, Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, nous appelons toutes et tous à participer à une cérémonie interreligieuse à 19 heures au Foyer de Grenelle 17 rue de l’Avre Paris 15e, à côté de la station de métro La Motte-Piquet Grenelle.

François Lutt, président de David et Jonathan (accueil chrétien des gais et lesbiennes) ; Joël Behmoras, président du Beit Haverim (Groupe juif gay et lesbien de France) ; Caroline Blanco, Centre du Christ Libérateur ; Frère Jean-Michel, prieur de la Communion Béthanie ; Michel Desroches, Rendez-vous chrétien (Lille) ; Fabrice Lebert, Eglise MCC (Montpellier) ; Raphaëlle Lecoq, Groupe chrétien LGBTH 31 (Toulouse) ; Philippe Potyralla, président de « Présence75 » (lieu de rencontre des chrétiens inclusifs à Paris) ; Raanan Gabay, président du World congress of gay, lesbian, bisexual, and transgender jewish organisation (Congrès mondial juif LGBT) ; Muhsin Hendricks, secrétaire national de The Inner Circle (groupe gai et lesbien musulman d'Afrique du Sud) ; Rowland Jide Macaulay, secrétaire général de African Gay Christians (groupe des chrétiens LGBT d'Afrique).

3 commentaires:

domilyon a dit…

je rêve d'une prière universelle pour ceux qui ont une sexualité
différente de la majorité et qui sont néanmoins des chrétiens extérieurement comme les autres...

Jean-Marc a dit…

Peut-être pourrais-tu la composer ?

domilyon a dit…

je la compose dans mon coeur ce qui est déjà pas mal et dieu connaît ce qu'il y a vraiment dans
notre coeur.

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