lundi, décembre 17

Comment vivre Noël ?

Dimanche dernier, j'ai eu la joie d'assister à l'office de Lessons and Carols à la Cathédrale Américaine à Paris. C'est un office typiquement anglican d'un grande beauté qui alterne cantiques de Noël et lectures bibliques. Une sorte de vigile de l'Avent. Les chants étaient magnifiquement interprétés par les choristes professionnels et bénévoles de l'église. Bref, ce fut un délice à écouter.

Pourtant, j'étais parfois un peu dérangé par les paroles qui, certes très belles et poétiques, évoquaient souvent un Jésus en sucre d'orge, qu'on imagine riant aux éclate, celui qui berçait notre enfance. J'ai de plus en plus de mal avec ce côté mieleux de la période de Noël. Je préfère de loin la fête de Pâques car elle évoque plus pour moi cette victoire de la Vie sur la Mort, rendue possible par le Croix de Celui qui a donné Sa Vie pour moi. Pourtant, je dois bien reconnaître que sans la naissance de Jésus, rien de ce qui a suivi n'aurait pu advenir. Ce que je trouve incroyable, c'est que Dieu ait accepté de venir librement à notre rencontre en se faisant tout petit, en prenant chair, pour vivre parmi nous ("Emmanuel") comme n'importe qui. A peine imaginable. Rien de l'obligeait à faire ça. C'est du pur amour, comme seul Dieu peut en être capable ! Et dire qu'il m'appelle à être un autre Christ, à son image. Comment saurais-je me montrer digne de cet incroyable amour reçu gratuitement?

Vendredi, j'ai téléphoné à ma femme de ménage philippine car je ne trouvais plus la télécommande de la télé. C'était peu de temps avant le début du journal de France 3, où mon témoignage allait être diffusé. J'était tout excité. Au moment où elle décrochait, je retrouvais ma télécommande. Du coup, je lui ai demandé comment elle allait. C'est là qu'elle s'est effondrée en pleurs, m'annonçant que son autre employeur, pour qui elle travaillait depuis une dizaine d'années, qu'elle considérait comme sa famille, et qui lui prêtait un logement en échange de ses services, lui avait demandé de partir du jour au lendemain ! C'était le manque de reconnaissance qui lui faisait le plus mal. Que pouvais-je faire sinon l'écouter, la réconforter, pleurer avec elle, et lui rappeller (elle est très croyante) que Jésus lui ne l'abandonnera jamais. Heureusement, elle a une amie avocate qui va l'aider, et je vais voir si je peux l'aider aussi. Pour moi, c'est aussi un peu ça Noël: me faire proche de mon frère et de ma soeur, et laisser par la même occasion Jésus faire sa demeure dans la crêche de mon coeur.


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