mercredi, février 21

Entrée en Carême

Aujourd'hui débute le Carême, cette période de 40 jours que propose certaines Eglises (catholique romaine, anglicane, etc.) pour aider les chrétiens à se préparer à la fête de Pâques. C'est un temps de pétinence par lequelle nous sommes invités à pratiquer le jeûne, l'abstinence et diverses privations, non pour nous mortifier mais, au contraire, pour nous recentrer sur l'essentiel et nous ouvrir à la vraie Vie. A chacun de trouver les moyens d'avancer sur le Chemin. Pour ma part, comme les 2 années précédentes, je vais faire une retraite virtuelle avec les Dominicain(e)s: la Retraite dans la ville. De nombreuses ressources y sont proposés: textes, audio, vidéo, discussions sur le forum (le thème de l'homosexualité y a connu in vif succès l'année dernière), voire accompagnement par mail par un(e) dominicain(e) pour ceux et celles qui le souhaitent.

Pendant longtemps, les chrétiens se sont privés de viande certains jours de Carême. Dès les premiers temps de l'Eglise, Paul demandait aux chrétiens de Rome et de Corinthe de s'abstenir de manger des viandes sacrifiées aux idoles afin que les chrétiens les plus "conservateurs" ne soient pas scandalisés. Il ne considérait pas le fait de manger ces viandes comme mauvais en soit (Jésus n'avait-il pas dit que rien de ce qui entre dans le corps de l'homme n'est impur), mais il voulait préserver l'unité au sein de la communauté chrétienne. Dans une réflexion publiée hier (voir extrait ci-dessous) suite à une rencontre en Tanzanie des Primats de la Communion anglicane, Katharine Jefferts Schori, Evêque Présidente de l'Eglise Episcopale, ose une analogie entre d'une part l'abstinence de viande et celles demandées à cette même Eglise par les Primats anglicans : l'"abstinence" de bénédictions d'unions de même sexe et de consécration d'évêques vivant dans de telles unions. Elle pense qu'elles peuvent être justifiées pour un temps afin de ne pas scandaliser les plus conservateurs. Mais elle demande parallèlement à ceux-ci de s'abstenir d'initiatives ne respectant pas les frontières diocésaines afin de ne pas scandaliser les chrétiens luttant pour la justice (autrement dit luttant pour la pleine intégration des gays et lesbiennes dans l'Eglise, y compris dans les ministères et sacrements). Je trouve cette analogie intéressante. Mais le moratoire sur les rites de bénédictions homosexuelles et les consécrations d'évêques homosexuels ne peut qu'être transitoire. Tout ou tard, j'espère que l'Eglise Episcopale les acceptera pleinement. Que ce soit en communion avec les autres Eglises anglicanes... ou sans elles !

Extrait de la réflexion de Katharine Jefferts Schori:
We traveled home from this meeting at Carnival, the farewell to meat (carne vale) that comes just before Lent begins. That is an image that may be useful as we consider what the Primates’ gathering is commending to the Episcopal Church. The Episcopal Church has been asked to consider the wider body of the Anglican Communion and its needs. Our own Church has in recent years tended to focus on the suffering of one portion of the body, particularly those who feel that justice demands the full recognition and celebration of the gifts of gay and lesbian Christians. That focus has been seen in some other parts of the global Church, as inappropriate, especially as it has been felt to be a dismissal of traditional understandings of sexual morality. Both parties hold positions that can be defended by appeal to our Anglican sources of authority - scripture, tradition, and reason - but each finds it very difficult to understand and embrace the other. What is being asked of both parties is a season of fasting - from authorizing rites for blessing same-sex unions and consecrating bishops in such unions on the one hand, and from transgressing traditional diocesan boundaries on the other. A parallel to this situation in our tradition might be seen in the controversy over eating meat in early Christian communities, mentioned both in the letter to the Romans and the first letter to the Corinthians. In those early communities, the meat available for purchase in the public market was often part of an animal that had been offered (in whole or in part) in sacrifice in various pagan religious rites. The troubling question in the Christian community was whether or not it was appropriate to eat such meat - was it tainted by its involvement in pagan religion? Did one participate in that religion (and thus commit apostasy) by eating it? Paul encourages the Christians in Rome and Corinth to recall that, while there may be no specific prohibition about eating such meat, the sensitive in the community might refrain if others would be offended. The needs of the weaker members, and the real possibility that their faith may be injured, are an important consideration in making the dietary decision. The current controversy brings a desire for justice on the one hand into apparent conflict with a desire for fidelity to a strict understanding of the biblical tradition and to the main stream of the ethical tradition. Either party may be understood to be the meat-eaters, and each is reminded that their single-minded desire may be an idol. Either party might constructively also be understood by the other as the weaker member, whose sensibilities need to be considered and respected. God’s justice is always tempered with mercy, and God continues to be at work in this world, urging the faithful into deeper understandings of what it means to be human and our call as Christians to live as followers of Jesus. Each party in this conflict is asked to consider the good faith of the other, to consider that the weakness or sensitivity of the other is of significant import, and therefore to fast, or “refrain from eating meat,” for a season. Each is asked to discipline itself for the sake of the greater whole, and the mission that is only possible when the community maintains its integrity. Justice, (steadfast) love, and mercy always go together in our biblical tradition. None is complete without the others. While those who seek full inclusion for gay and lesbian Christians, and the equal valuing of their gifts for ministry, do so out of an undeniable passion for justice, others seek a fidelity to the tradition that cannot understand or countenance the violation of what that tradition says about sexual ethics. Each is being asked to forbear for a season. The word of hope is that in God all things are possible, and that fasting is not a permanent condition of a Christian people, nor a normative one. God’s dream is of all people gathered at a feast, and we enter Lent looking toward that Easter feast and the new life that will, in God’s good time, be proclaimed.

5 commentaires:

Georges a dit…

J'ai déjà entendu la comparaison entre des aspects "plus libéraux" dans l'Église anglicane et la viande du 1er siècle.

Mais alors, que nous reste-t-il? Que l'on trouve des prêtres, pour nous marier en cachette? Ah non, désolé.

Didyme a dit…

Pas de forum cette année sur le site de la retraite des dominicains.

Jean-Marc a dit…

Georges,
l'abstinence de dure qu'un temps. Concernant les bénédictions d'unions, espérons qu'elle cesse le plus rapidement possible.

Didyme,
Effectivement, tu as raison. Je trouve ça bien dommage et je n'en comprends pas la raison.

Benoît a dit…

salut Jean-Marc!
inscrit moi aussi pour la 2è année consécutive à "la retraite dans la ville", il est expliqué que l'absence de forum permet un recul et un silence plus intense.
Bon Carême à toi!

Jean-Marc a dit…

L'année dernière, c'est le thème de l'homosexualité qui était le plus actif sur le forum de la "Retraite dans la Ville", avec des contributions de grande qualité et souvent très ouvertes sur la question. Je me demande si cela n'a pas un rapport avec sa disparition. Je trouve dommage de ne pas donner la possibilité aux internautes de participer. Cela renforce l'idée qu'il y a ceux qui savent (ici les dominicains) et ceux qui doivent apprendre.

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