Arrêtez-vous un moment et laissez aller votre imagination. Imaginez qu'à l'instant même, là où vous êtes, alors que vous lisez cet article, que Jésus entre dans la pièce où vous êtes et vous remarque. Que feriez-vous ? Imaginez cette scène pendant un moment.
S'il s'agissait du président de la République, sans doute vous lèveriez-vous pour le saluer. De même s'il s'agissait de l'Archevêque de Canterbury. Si on vous présentait au pape, et que vous êtes catholique, peut-être feriez-vous un geste de génuflexion devant lui et embrasseriez-vous sa bague.
Mais
que feriez-vous si Jésus lui-même entrait dans la pièce ? Peut-être tomberiez-vous à terre en adoration. Ou à genoux pour le supplier. Ou bien vous cacheriez-vous derrière la personne devant vous afin de ne pas être vu. Ou bien encore partiriez-vous pour ne pas avoir à le rencontrer. Pourtant
l'Evangile de ce 1er dimanche de l'Avent ne nous offre qu'une seule réponse. Si vous n'avez pas répondu "je me redresserai et je lèverai la tête, je le regarderai carrément les yeux dans les yeux, en tête à tête", c'est que vous avez sans doute éludé la question.

Nous autres gays et lesbiennes ne sommes pas différent(e)s de nos frères et soeurs hétérosexuel(le)s.
Pourtant, notre rencontre avec le Christ ressuscité est trop souvent marquée par une profonde honte.Il est essentiel de prendre conscience de cette honte, de la nommer, de la confronter dans toute sa réalité. Trop souvent, notre honte est enracinée dans une profonde haine de soi. Ce n'est pas juste. Cette haine de soi peut être en partie liée à un style de vie marqué par la promiscuité. Mais plus souvent
sa racine réside dans le sentiment qu'être gay n'est pas OK. Ce sentiment doit être regardé en face. Nous devons nous y confronter pour qu'il se transforme.
C'est l'Avent et, au milieu du traumatisme catastrophique qu'est la fin du monde, Luc nous dit quelque chose de surprenant:
nous sommes les fils et les filles de Dieu. Nous sommes les héritiers du Royaume. Nous sommes à la table parce que appartenons à ce lieu. Et, quand le roi entre, Nous n'avons pas besoin de nous incliner, de nous cacher ou d'avoir peur de quoi que ce soit. Nous aussi nous pouvons nous lever, le dos et les épaules droites.
Nous aussi nous pouvons regarder le Seigneur dans les yeux.L'Avent est fait pour les gens qui ne sont pas encore arrivés , qu'ils soient LGBT ou hétéros. Si vous n'êtes pas prêt à laisser le Seigneur entrer dans la pièce, c'est le moment de vous préparer à être prêt. Dans la 2ème lecture de ce dimanche, Paul nous dit ce qu'il faut faire: ouvrir nos coeurs, aimer d'un amour plus intense et débordant, nous établir fermement dans une sainteté sans reproche devant Dieu notre Père". Pas demain. Maintenant.
J'espère que vous vous joindrez à moi dans cet Avent en préparant vos coeurs à le venue du Seigneur !