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mercredi, avril 1

Ecouter profondément

Le groupe Lambda proposera mercredi 7 avril de 19h à 21h (dans la bibliothèque de la Cathédrale Américaine) un atelier exceptionnel (en anglais) sur le thème "Ecouter profondément" animé par Maria DeCarvalho, prêtre épiscopalienne et fondatrice d'Another Way.

Savoir communiquer avec amour avec ceux qui divergent de nous (ou nous avec eux!), à propos de choses qui nous tiennent à coeur, voilà une "compétence" relationnelle utile à tou(te)s !
En tant que lesbiennes, gays ou transgenres, nous pouvons avoir des difficultés à communiquer avec les personnes qui nous discriminent ou nous rejettent dans notre église, notre famille ou ailleurs. Pouvons-nous écouter profondément sans nous renier, sans être sur la défensive, ou critiquer ou blâmer et sans nous sentir victimes ?

Maria est une personne exceptionnelle, à la fois chaleureuse et sachant nous pousser dans nos derniers retranchements avec douceur et amour. Cet atelier est une occasion unique en cette Semaine Sainte de mieux se connaître et d'aimer d'avantage !

lundi, septembre 10

"Ô mort, où est ta victoire ?" (I Cor15 : 55)

C'est aujourd'hui la journée mondiale de prévention du suicide. Savez-vous qu'un million de personnes se suicident chaque année dans le monde ? La plupart d'entre nous connaissent quelqu'un dans leur entourage qui a mis fin à ses jours, ou a tenté de le faire. Pour ma part, j'ai été marqué par le suicide mon père il y a 10 ans. Stupeur face à l'incompréhensible. Il avait peur de manquer alors qu'il semblait ne manquer de rien et avait a priori tout pour être heureux. Qui sait ce qui se passe réellement dans le coeur d'un homme ? Dieu seul sonde nos coeurs et nos âmes.

J'ai connu plusieurs autres personnes qui ont choisi de mourir. Je me souviens d'un ami chrétien suisse qui était engagé comme moi dans un GBU (Groupe Biblique Universitaire) à Strasbourg, alors que j'étais étudiant, et qui allait commencer son ministère de pasteur. Ou de ce secrétaire général d'une association de lutte contre le suicide (!) où j'étais bénévole. Tous deux ont trouvé la vie insupportable.

Je me souviens aussi d'Olivier, moine au sein d'une communauté charismatique qui avait réussi à le persuader que son homosexualité était une maladie. Il avait tenté de mettre fin à ses jours mais, in extremis dans des circonstances incroyables, en a réchappé. Un vrai miracle ! J'ai eu le privilège de l'accompagner quelque temps et d'être son ami. Un vrai bonheur que de voir quelqu'un revenir à la vie. Aux dernières nouvelles, il avait quitté cette communauté mortifère et filait le parfait amour avec un garçon avec qui il s'était installé.

Aujourd'hui, le suicide touche beaucoup de jeunes, et particulièrement les jeunes gays. Un tiers des moins de 20 ans font une TS, et le taux est 5X plus élevé que chez les hétéros. C'est donc un vrai fléau. Qu'est-ce qui pousse tous ces jeunes à refuser la vie ? Il semblerait que l'homophobie y soit pour beaucoup. Il faut une sacrée force pour se sentir bien dans sa peau quand on vous fait sentir que vous n'êtes pas dans la norme. Se sentir différent des autres alors qu'on se cherche encore et qu'on construit sa personnalité est souvent une épreuve. C'est encore vrai en 2007 alors que l'homosexualité est plus visible et mieux acceptée. Et c'est particulièrement vrai dans certains milieux chrétiens, où les gays sont rejetés ou alors acceptés à condition de ne pas s'assumer et de se cacher. La culpabilité peu alors favoriser le passage à l'acte.

Bien sûr, il y a d'autres raisons au suicide, peut-être plus spirituelles. Nous vivons dans une société nihiliste, éloignée du Dieu révélé en Jésus-Christ, où le respect de la vie est souvent bafouée et où la recherche du plaisir prime sur tout le reste. Il n'est pas étonnant que ceux qui n'ont pas de relation avec ce Dieu d'amour soient parfois tentés par l'irréparable. Même les chrétiens peuvent y succomber ! L'influence de la culture de mort se fait sentir dans tous les milieux. A croire que Satan n'a pas dit son dernier mot ! Certains me trouveront peut-être pessimistes. Rassurez-vous, je crois fermement que Dieu aura le dernier mot. Il l'a d'ailleurs déjà eu sur la Croix ! La mort et Satan y ont été vaincus, et le jour viendra où la victoire de Dieu sera connue de tou(te)s !

En attendant ce jour béni, prions donc pour tous ces homosexuel(e)s qui ne voient plus d'espoir dans leur vie. Qu'ils trouvent sur le chemin quelqu'un qui leur redonne de l'espérance et, par dessus tout, qu'ils découvrent Celui qui est la Vie même. Soyons attentifs autour de nous vis-à-vis de ceux qui nous lancent des SOS que nous ne prenons pas toujours au sérieux. Il suffit parfois de peu de chose pour que Dieu fasse de nous des relais de Son amour !

mardi, avril 17

Au delà des ex-gays

Vous avez sans doute entendu parler des ex-gays, qui affirment pouvoir changer d'orientation sexuelle. Tanya Erzen , ethnographe américaine, a partagé pendant un an la vie de ces chrétien(e) s suivant le programme résidentiel de la communauté New Hope qui affirme pouvoir restaurer l'identité hétérosexuelle des gays et lesbiennes. Elle a exposé les fruits de son observation dans un livre passionnant: "Straight to Jesus: Sexual and Christian Conversions in the Ex-Gay Movement ". Un livre tout en nuances, où l'on se rend compte par exemple que les communautés d'ex-gays sont aussi des espaces permettant à des chrétiens évangéliques de faire pour la première fois leur coming out ! Théophile exposera les grandes lignes de cet ouvrage lors de la prochaine réunion du groupe Lambda ce dimanche Dimanche 22 avril 16h-18h à la Cathédrale Américaine (bibliothèque au 1er étage). Venez nombreux, même si vous n'êtes jamais venu(e)s!

Je vous recommande aussi de jeter un oeil sur le site beyondexgay . Il offre un espace communautaire virtuel et de nombreuses ressources (témoignages vidéos, etc.) à ceux et celles qui estiment être des "survivants" d' expériences d'ex-gays (tentatives de guérison, etc.) non sans en avoir gardé des blessures.

dimanche, avril 15

Comment booster son estime de soi ?

Quelle estime avez-vous de vous-même ? Comment l'améliorer ? Les gays et lesbiennes ont souvent une image d'eux fragilisée par les pressions sociales. Pas facile de s'aimer quand la société vous renvoie une image négative. Certes, l'acceptation sociale de l'homosexuelle a bien évolué, mais beaucoup reste à faire. Comment expliquer autrement que par une piètre estime de soi des comportements aussi aberrants que le barebacking (= avoir des relations sexuelles sans se protéger)? Trop souvent aussi nous faisons dépendre notre valeur du regard des autres, de l'Eglise, etc. parce que nous doutons de notre valeur intrinsèque.

Ces questions sont abordées sur 6 pages dans le numéro de mai de Tetu. Je suis heureux de voir que ce mensuel s'intéresse pour une fois à la psychologie. Outre une interview fort intéressante de Christophe André, auteur de "Imparfaits, libres et heureux. Pratiques de l'estime de soi", que je vous recommande vivement la lecture, 10 étapes sont proposées pour consolider son estime de soi:
1) Travailler l'acceptation de soi (ex: arrêter de se dire "pourquoi moi ? ma vie ne serait-elle pas plus simple sij'étais hétéro ?")
2) Protéger l'estime de soi de l'influence toxique de la publicité (Oenobiol, etc.) et de la pression sociale (ex: avoir le dernier jean à la mode ou le dernier ipod...)
3) Apprendre à se parler (un psy peut aider mais aussi un blog...)
4) Pratiquer la non-violence avec soi-même (et se souvenir qu'on ne relève pas son estime de soi en bafouant celle des autres !)
5) Lutter contre ses complexes (et arrêter de se comparer aux autres!)
6) S'écouter, se respecter, s'affirmer (le coming out peut y contibuer)
7) Vivre imparfait et assumer ses faiblesses (et arrêter d'être perpétuellement sur la défensive)
8) Arrêter de se juger
9) S'occuper de son moral (et moins de sexe !)
10) Etre son meilleur ami (Soyez bienveillant avec vous mais sans être complaisant!)

Le sentiment d'être compétent est réputé pour être un booster de l'estime de soi. C'est fou comme je me sens mieux depuis que j'occupe un poste où je me sens compétent. Avoir conscience de sa valeur est très stimulant et renforce la confiance en soi. Si j'avais un conseil à vous donner, je vous dirais de cultiver les situations où vous pouvez donner le meilleur de vous-mêmes et exprimer vos compétences.
L'amour est un autre booster de l'estime de soi. Là encore, je peux témoigner de la force de cette énergie. Je me demande si je serais dans la situation professionnelle qui est la mienne si François n'avait pas été là pour m'encourager, me stimuler par son exemple et m'assurer de son amour inconditionnel.

Et vous, avez-vous des problèmes d'estime de soi ? Quelles sont vos suggestions pour la booster ?

mardi, février 13

Je suis homo, et alors ?

Quelle est l’origine de l’homosexualité ? Naît-on homo ou le devient-on ? Pourquoi le fait même de poser la question provoque-t-il tant de débats ? Ted Anspach a enquêté en Europe et aux États-Unis.
Un documentaire à ne pas rater ce mardi 13 février sur Arte à 20h40.
Voir les extraits vidéo

mardi, janvier 9

Free hugs !

Je ne sais pas vous, mais moi j'adore les hugs ! Qu'est-ce qu'un hug ? C'est un terme anglais désignant une accolade où l'on serre quelqu'un contre soi en posant généralement la tête sur son épaule droite. Les américains en sont friands. Mais pas seulement ! Juan Mann, un jeune australien, a lancé une campagne intitulée "free hugs campaign"(accolades gratuite). L'idée lui en est venue en retournant chez lui en Australie, après un long séjour à Londres. A l'aéroport, personne ne l'attendait :( Alors, il a pris une pancarte "free hugs" et s'est mis à proposer des accolades à qui voulait bien dans l'aéroport. Des gens en souffrance sont venus vers lui, et petit à petit c'est devenu une vraie campagne ! Regardez cette vidéo:


Nous autres français sommes moins habitués à "hugger" et pourtant quel bonheur de prendre quelqu'un dans des bras, de lui témoigner ainsi notre affection, et d'en recevoir en retour. Dans un monde aussi dur que le nôtre, où nous sommes plus tentés de nous méfier les uns des autres, que de nous ouvrir à leur affection, nous aurions peut-être besoin de redécouvrir ce geste simple. L'initiative de Juan Mann a fait des émules. En France, des journées d'accolades gratuites comment à essaimer partout en France (voir freehugs.fr). Peut-être trouver-vous ça un peu infantile, puéril. Personnellement, je trouve que c'est un bel exemple des petites choses que chacun peut faire pour améliorer ce monde. Alors, la prochaine fois, que vous me rencontrerez, n'hésitez pas à me faire un hug, je ne dis jamais non !

jeudi, décembre 7

Honte d'être gay ?

Arrêtez-vous un moment et laissez aller votre imagination. Imaginez qu'à l'instant même, là où vous êtes, alors que vous lisez cet article, que Jésus entre dans la pièce où vous êtes et vous remarque. Que feriez-vous ? Imaginez cette scène pendant un moment.

S'il s'agissait du président de la République, sans doute vous lèveriez-vous pour le saluer. De même s'il s'agissait de l'Archevêque de Canterbury. Si on vous présentait au pape, et que vous êtes catholique, peut-être feriez-vous un geste de génuflexion devant lui et embrasseriez-vous sa bague.

Mais que feriez-vous si Jésus lui-même entrait dans la pièce ? Peut-être tomberiez-vous à terre en adoration. Ou à genoux pour le supplier. Ou bien vous cacheriez-vous derrière la personne devant vous afin de ne pas être vu. Ou bien encore partiriez-vous pour ne pas avoir à le rencontrer. Pourtant l'Evangile de ce 1er dimanche de l'Avent ne nous offre qu'une seule réponse. Si vous n'avez pas répondu "je me redresserai et je lèverai la tête, je le regarderai carrément les yeux dans les yeux, en tête à tête", c'est que vous avez sans doute éludé la question.

Nous autres gays et lesbiennes ne sommes pas différent(e)s de nos frères et soeurs hétérosexuel(le)s. Pourtant, notre rencontre avec le Christ ressuscité est trop souvent marquée par une profonde honte.Il est essentiel de prendre conscience de cette honte, de la nommer, de la confronter dans toute sa réalité. Trop souvent, notre honte est enracinée dans une profonde haine de soi. Ce n'est pas juste. Cette haine de soi peut être en partie liée à un style de vie marqué par la promiscuité. Mais plus souvent sa racine réside dans le sentiment qu'être gay n'est pas OK. Ce sentiment doit être regardé en face. Nous devons nous y confronter pour qu'il se transforme.

C'est l'Avent et, au milieu du traumatisme catastrophique qu'est la fin du monde, Luc nous dit quelque chose de surprenant: nous sommes les fils et les filles de Dieu. Nous sommes les héritiers du Royaume. Nous sommes à la table parce que appartenons à ce lieu. Et, quand le roi entre, Nous n'avons pas besoin de nous incliner, de nous cacher ou d'avoir peur de quoi que ce soit. Nous aussi nous pouvons nous lever, le dos et les épaules droites. Nous aussi nous pouvons regarder le Seigneur dans les yeux.

L'Avent est fait pour les gens qui ne sont pas encore arrivés , qu'ils soient LGBT ou hétéros. Si vous n'êtes pas prêt à laisser le Seigneur entrer dans la pièce, c'est le moment de vous préparer à être prêt. Dans la 2ème lecture de ce dimanche, Paul nous dit ce qu'il faut faire: ouvrir nos coeurs, aimer d'un amour plus intense et débordant, nous établir fermement dans une sainteté sans reproche devant Dieu notre Père". Pas demain. Maintenant.

J'espère que vous vous joindrez à moi dans cet Avent en préparant vos coeurs à le venue du Seigneur !

samedi, novembre 18

Sortir de la dépendance sexuelle


Tout à l'heure, j'ai jeté la dernier cassette pornographique qui me restait ! Et je ne suis désormais plus abonné à Pink TV pour éviter la tentation de regarder certains films après minuit... J'ai un peu honte de vous dire ça. Mais , après tout, que celui qui n'a jamais cédé à la pornographie me jette la première pierre ! Suis-je devenu moralisateur, bigot ou "coincé" ? Je ne le pense pas. J'essaie seulement de cheminer vers toujours plus de liberté en Christ. J'ai longtemps souffert de dépendance sexuelle. Pendant des années, j'étais sous l'emprise de compulsions sexuelles qui m'ont éloigné des autres et d'une vraie relation. Heureusement, le Seigneur a eu pitié de moi. En retrouvant la foi il y a environ 4 ans, et en fréquentant une église où j'ai été accueilli tel que je suis, je suis progressivement sorti de mon addiction. La prière, le vie fraternelle et le contact avec d'autres chrétiens homosexuels ont été déterminants pour moi.

Néanmoins, je reste vigilant. Alors que je m'étais débarrassé depuis longtemps du matériel pornographique dont je disposais, ainsi que de divers accessoires (vous voulez un dessin ?), je me suis surpris à commencer à regarder à nouveau certains films porno, par curiosité plutôt que par réel intérêt, et finalement à enregistrer certaines scènes au cas où... Je suis sûr que vous comprenez ce que je veux dire! En quoi, est-ce un problème me direz-vous ? Après tout, ne sommes-nous pas entourés de sollicitations sexuelles ? Il suffit de lire un numéro de Têtu pour s'en rendre compte. Je pense pourtant que cet excès d'érotisation est malsain pour notre épanouissement. A force de vivre dans l'imagination et les fantasmes, on finit pour ne plus vivre dans la réalité. On s'isole, et on ne se rend pas disponible pour de vraies relations.

Aujourd'hui, après des années de promiscuité et d'addiction sexuelle, je suis dans une relation d'amour qui me nourrit. Grâce à elle, je m'aperçois combien est vaine toute cette vie fantasmagorique à laquelle nous succombons bien souvent. J'essaye de vivre de façon "chaste", c'est-à-dire en respectant mon partenaire, en le traitant comme un sujet et non comme un objet. Mais mon passé me rattrape parfois. Je me rends compte que je ne sais pas toujours m'y prendre pour aimer. Je confonds "baiser" et "faire l'amour". J'ai du mal à articuler sexe et amour, car j'ai longtemps dissocier les deux. Alors, je m'en remets à Dieu, ma "Puissance supérieure" pour reprendre la terminologie des DASA (Dépendants Affectifs Sexuels Anonymes). Je lui abandonne le contrôle de ma vie. Moi-même, je ne sais pas aimer. Mais puisque l'Esprit vit en moi, peut-être n'ais-je qu'à le laisser aimer en moi !

J'aimerais bien que vous partagiez vos expériences personnelles sur ce sujet. Gardez l'anonymat si vous voulez. Etes-vous un "consommateur" de pornographie et/ou un adepte de rencontres d'un soir ? Comment articulez-vous ça avec votre foi ? Y a-t-il deux personnages en vous: le gay d'un côté, le chrétien de l'autre ?

PS: je vous recommande la lecture de "Enfin Libre ! Ou comment rompre les chaînes de la dépendance" du Père Bernard-Marie Geffroy, curé de l'église catholique Saint-Leu-Saint Gilles. J'en reparlerai prochainement